Iran, La détention à l’isolement de Djalali est inquiétante

Vigile Djalali ULB

Ce 14 janvier, le médecin urgentiste irano-suédois Ahmadreza Djalali, professeur-invité à la Vrije Universiteit van Brussel (VUB), passera son 49e anniversaire à l’isolement, dans une petite cellule où il est détenu depuis 52 jours. Dans une vidéo enregistrée par son épouse, Vida Mehrannia, cette dernière demande à ce que son message en faveur de la libération de son mari soit partagé autant que possible, afin que le sort réservé à Ahmadreza Djalali reste sous les projecteurs et que la pression sur les autorités iraniennes ne diminue pas.

Le 24 novembre dernier, Ahmadreza Djalali a été transféré de la cellule où il était détenu à la prison d’Evin, à Téhéran, et placé à l’isolement. Ce matin-là, il a téléphoné à son épouse pour lui faire ses adieux en raison de l’imminence de son exécution. Il s’agissait là du dernier appel téléphonique du docteur Djalali.

AGIR PAR EMAIL : Interpellez par email la représentation de l’Iran à l’ONU : mission.iran@ties.itu.int et secretariat@iranembassy.be demandez à ce que Ahmadreza Djalali ne soit pas exécuté et qu’il soit libéré immédiatement. Vous pouvez aussi copier/coller le modèle de lettre de cette action urgente en cliquant ICI

Le 1er décembre, les craintes d’une exécution imminente ont été renforcées lorsque le juge iranien qui supervisait l’exécution d’Ahmadreza Djalali a fait savoir que les autorités avaient ordonné le transfert du médecin à la prison de Raja’i Shahr, à Karaj. Les exécutions n’étant généralement pas effectuées à la prison d’Evin, mais dans les prisons de la région, tel qu’à Karaj.

Le lendemain, le 2 décembre, il est apparu que l’ordre de transfert à la prison de Raja’i Shahr n’avait pas été réalisé et que l’exécution avait été reportée suite à « ordre venu de plus haut ».

Ahmadreza Djalali est encore aujourd’hui détenu à l’isolement dans la prison d’Evin. Pendant sept semaines, il a été coupé de tout contact avec son avocat ou sa famille. La détention à l’isolement prolongée – c’est-à-dire l’isolement de plus de 15 jours – est une violation de l’interdiction de la torture et des traitements cruels inhumains et dégradants. Par ailleurs, le risque de subir des actes de torture et de mauvais traitements augmente lorsque les personnes détenues sont privés de tout contact avec le monde extérieur.

À la fin du mois de décembre, la famille du professeur Djalali a été informée par l’autorité de l’application des peines iranienne que son exécution serait reportée d’un mois. Aujourd’hui, le risque d’exécution reste élevé et le comportement des autorités iraniennes imprévisible. Amnesty International est préoccupée par le fait que les autorités iraniennes ont déjà exécuté en secret des condamnés à mort après les avoir placés en isolement et avoir coupé toute communication avec le monde extérieur.

« La situation du professeur Ahmadreza Djalali reste très préoccupante. La pression internationale qui s’est exercée sur l’Iran à la fin de l’année dernière a certainement contribué à empêcher son exécution, mais elle ne doit surtout pas se relâcher maintenant », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Amnesty International exhorte à nouveau les responsables politiques et les diplomates du monde entier à user de toute leur influence pour convaincre les autorités iraniennes de renoncer à la peine de mort et de libérer Ahmadreza Djalali. En attendant sa libération, il est urgent que prenne fin sa détention à l’isolement et qu’il soit protégé contre la torture et les mauvais traitements.

« La situation du professeur Ahmadreza Djalali reste très préoccupante. La pression internationale qui s’est exercée sur l’Iran à la fin de l’année dernière a certainement contribué à empêcher son exécution, mais elle ne doit surtout pas se relâcher maintenant »

« Ahmadreza Djalali a un lien particulier avec notre pays. Au cours des derniers mois, le public belge a exprimé sa solidarité avec lui. Parallèlement, la quasi-totalité des député·e·s ont soutenu les appels en faveur de sa libération et de son retour dans son foyer, et les gouvernements ont également produit des efforts dans ce sens, explique encore Philippe Hensmans. Nous appelons aujourd’hui à la poursuite et à l’intensification de tous ces efforts et démarches, ainsi qu’au recours à toutes les voies diplomatiques et politiques possibles pour obtenir la libération du professeur Djalali. »

Complément d’information

Ahmadreza Djalali est spécialisé dans la médecine de catastrophe. Il a été arrêté et accusé d’espionnage en 2016, lors d’un voyage à titre professionnel en Iran. Pendant les dix premiers jours suivant son arrestation, personne ne savait où il était détenu. Fin octobre 2017, il a été condamné à mort à l’issue d’un procès manifestement inéquitable. Des « aveux » lui ont été extorqués sous la torture psychologique et il a passé les trois premiers mois de sa détention en isolement. Son avocat n’a été autorisé à lui rendre visite que sept mois après son arrestation.

L’Iran est le deuxième pays au monde après la Chine en ce qui concerne le nombre d’exécutions. En 2019, l’Iran a procédé à la mise à mort d’au moins 251 personnes. Le pays organise également des exécutions publiques et pratique la peine capitale sur des mineurs délinquants.

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