Iran : Deux hommes ont été exécutés à l’issue d’un procès inique « pour l’exemple » diffusé à la télévision

Les autorités iraniennes ont exécuté Vahid Mazloumin et Mohammad Esmail Ghasemi, deux hommes déclarés coupables de crimes financiers à l’issue d’un procès des plus iniques.

« En procédant à ces exécutions abjectes, les autorités iraniennes bafouent le droit international et font preuve d’un mépris honteux pour le droit à la vie, a déclaré Philip Luther, directeur des recherches et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord Amnesty International.

« Le recours à la peine de mort est déplorable en toutes circonstances, mais il est d’autant plus horrible que ces hommes ont été déclarés coupables à l’issue d’un procès inique " pour l’exemple " diffusé à la télévision d’État. Aux termes du droit international relatif aux droits humains, la peine de mort est absolument interdite pour les infractions n’ayant pas provoqué la mort d’autrui, telles que la corruption financière.

«  La manière choquante dont leur procès a brûlé les étapes au sein du système judiciaire iranien, sans leur offrir la possibilité de faire appel, illustre le mépris flagrant des autorités pour les droits élémentaires des accusés à une procédure régulière. »

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Sur fond de crise économique qui s’aggrave, les autorités iraniennes procèdent à des arrestations massives de personnes qu’elles décrivent comme « financièrement corrompues » et qualifient de « saboteurs de l’économie », les inculpent de charges liées à des crimes financiers et les condamnent parfois à des peines de flagellation, à de lourdes peines de prison et à la peine de mort, à l’issue de procès sommaires manifestement iniques.

En août, le Guide suprême a fait droit à une requête du Responsable du pouvoir judiciaire concernant la création de tribunaux spéciaux chargés de traiter les crimes impliquant des faits de corruption financière. Depuis, ces tribunaux ont prononcé plusieurs condamnations à mort. Accusés d’avoir manipulé les marchés de l’or et des devises en Iran, Vahid Mazloumin et Mohammad Esmail Ghasemi ont été condamnés à mort en septembre pour « diffusion de la corruption sur la terre ». Des dizaines d’autres personnes ont été condamnées à des peines de prison pour des accusations similaires.

Amnesty international estime que les procès devant ces tribunaux spéciaux sont par essence iniques, car les accusés ne sont pas autorisés à consulter l’avocat de leur choix, n’ont pas le droit de faire appel des peines d’emprisonnement prononcées et n’ont que 10 jours pour faire appel d’une condamnation à mort.

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