Iran. Hausse alarmante du nombre d’exécutions depuis l’élection présidentielle controversée

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI-
7 août 2009

Les huit semaines qui se sont écoulées entre l’élection présidentielle du 12 juin et la prestation de serment de Mahmoud Ahmadinejad pour son second mandat présidentiel le 5 août ont vu une augmentation alarmante du nombre d’exécutions par les autorités iraniennes, a déclaré Amnesty International ce vendredi 7 août.

«  En un peu plus de cinquante jours, nous avons enregistré pas moins de 115 exécutions, soit plus de deux exécutions en moyenne chaque jour, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International. Cela représente une augmentation significative, même comparée au taux épouvantablement élevé d’exécutions qui a longtemps caractérisé le paysage des droits humains en Iran. »

Depuis le début 2009 jusqu’au 12 juin, Amnesty International a enregistré au moins 196 exécutions, ce qui place l’Iran au deuxième rang derrière la Chine pour le nombre de personnes exécutées. Parmi les 115 exécutions répertoriées depuis l’élection présidentielle du 12 juin, 14 ont eu lieu le 2 juillet, 20 le 4 juillet, 13 le 14 juillet et 24 autres le 5 août, jour de la prestation de serment.

« Au cours de ces dernières semaines, l’attention de la communauté internationale a été mobilisée, de façon compréhensible, par la brutalité avec laquelle les autorités de Téhéran ont tenté de réprimer des manifestations massives et en grande partie pacifiques, après l’annonce officielle du résultat largement controversé du scrutin présidentiel, a déclaré Irene Khan. Pourtant, comme le montrent ces chiffres insensés, aucun répit n’a été constaté sur le front des atteintes aux droits humains – en fait, c’est même le contraire qui s’est produit. »

Amnesty International reconnaît que le nombre véritable des exécutions est presque certainement plus élevé que celui établi par l’organisation à partir de sources officielles iraniennes, d’informations données par les médias et d’autres sources. La plupart des personnes exécutées auraient été reconnues coupables de trafic de stupéfiants ou d’infractions connexes. La plupart des personnes exécutées par pendaison seraient des hommes, âgés de vingt à cinquante ans, mais deux femmes auraient également été exécutées ainsi. L’identité de certaines victimes est connue, mais les autorités n’ont par exemple pas communiqué les noms des 24 prisonniers exécutés le 5 août à la prison Rejai Shahr de Karaj, se bornant à déclarer qu’ils avaient exécutés pour des infractions liées au trafic de stupéfiants.

« C’est une situation terrible, rendue pire par le fait que ceux qui ont été exécutés ou du moins la plupart d’entre eux n’ont pas bénéficié d’un procès équitable et ce, en violation flagrante du droit international », a déclaré Irene Khan.

De façon générale, les personnes accusées d’infractions liées au trafic de stupéfiants ou d’autres infractions graves sont détenues pendant de longues périodes avant d’être jugées, souvent soumises à de mauvais traitements et ne sont autorisées à consulter un avocat qu’au moment de leur procès, parfois même jamais.

« En 2008, une majorité écrasante d’États membres des Nations unies ont appelé à un moratoire mondial sur les exécutions, reflétant ainsi une tendance mondiale ne faveur de l’abolition de la peine de mort, a déclaré Irene Khan. Il est donc grand temps que les autorités iraniennes cessent d’aller à l’encontre de cette tendance et qu’elles commencent à se conformer à leurs obligations au regard du droit international relatif aux droits humains. »

Complément d’information

L’adoption des résolutions 62/149 en décembre 2007 et 63/168 en décembre 2008 appelant à un moratoire sur les exécutions, lors des 62ème et 63ème sessions de l’Assemblée générale des Nations unies, signifie qu’une grande majorité des États membres des Nations unies de toutes les régions du monde sont favorables à un moratoire sur le recours à la peine de mort. En 2008, 89 États ont co-parrainé la résolution, 106 ont voté pour, 46 contre et il y a eu 34 abstentions. Huit membres de la Ligue des États arabes se sont abstenus.

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