Iran. Il faut empêcher l’exécution d’une femme qui doit être pendue à l’aube

Les autorités iraniennes doivent empêcher l’exécution d’une femme qui doit être pendue samedi 25 octobre à l’aube, a déclaré Amnesty International. Elle a été reconnue coupable du meurtre d’un homme qui, selon elle, avait tenté de l’agresser sexuellement.

Reyhaneh Jabbari a été condamnée à mort en 2009 à l’issue d’une enquête et d’un procès entachés de graves irrégularités. Son exécution devait avoir lieu le 30 septembre, mais a été reportée de 10 jours.

«  Le temps est compté pour Reyhaneh Jabbari, les autorités doivent agir immédiatement pour empêcher son exécution, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« La peine de mort est un châtiment ignoble, à la fois cruel et inhumain. L’appliquer est toujours un affront à la justice, mais le faire à la suite d’un procès inique qui laisse de gros doutes planer sur l’affaire n’en est que plus tragique. »

Reyhaneh Jabbari, 26 ans, a été arrêtée en 2007 dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Morteza Abdolali Sarbandi, ancien employé du ministère iranien du Renseignement. Elle a été détenue à l’isolement pendant deux mois, sans pouvoir consulter un avocat ni entrer en contact avec sa famille. Elle a été condamnée à mort par un tribunal pénal de Téhéran en 2009.

Reyhaneh Jabbari a « avoué » avoir donné un coup de couteau dans le dos de Morteza Abdolali Sarbandi, mais a affirmé qu’il avait tenté de l’agresser sexuellement. Elle a soutenu que c’est un autre homme présent dans la maison au moment des faits qui l’avait tué. Ces informations n’ont semble-t-il jamais été réellement examinées.

Par ailleurs, les autorités judiciaires iraniennes auraient fait pression sur Reyhaneh Jabbari pour qu’elle remplace son avocat, Mohammad Ali Jedari Foroughi, par un avocat moins expérimenté, dans le but manifeste d’éviter que ses allégations ne fassent l’objet d’investigations.

L’exécution de Reyhaneh Jabbari a déjà été reportée plusieurs fois, y compris en septembre.

« Au lieu de reprogrammer la date de son exécution, la justice iranienne devrait ordonner la tenue d’un nouveau procès qui respecte les normes internationales d’équité, sans recours à la peine de mort  », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

La mère de Reyhaneh Jabbari a indiqué à Amnesty International qu’elle avait pu voir sa fille pendant une heure aujourd’hui. Cependant, les autorités pénitentiaires ont refusé de donner à la famille des informations sur son transfert imminent vers un site d’exécution.

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