Iran. Il faut stopper l’exécution de deux mineurs délinquants devant avoir lieu mercredi

Communiqué de presse

Les autorités iraniennes doivent empêcher la mise à mort de deux mineurs délinquants, qui doit avoir lieu mercredi 6 mai, cinq jours après l’exécution de Delara Darabi, elle aussi reconnue coupable d’un crime qu’elle aurait commis alors qu’elle était âgée de moins de dix-huit ans, a déclaré Amnesty International le 5 mai.

« Le consensus international défavorable à l’exécution des mineurs délinquants reflète la vaste prise de conscience que la vie de mineurs ne doit jamais être abrégée, compte tenu de leur immaturité, de leur impulsivité, de leur vulnérabilité et de leur capacité à se réinsérer – aussi horribles que soient les faits qu’on leur reproche, a expliqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. La programmation de ces exécutions, quelques jours après le choc de celle de Delara Darabi, montre que les autorités iraniennes ont le mépris le plus total pour le droit international, qui proscrit sans équivoque l’exécution de personnes reconnues coupables de crimes commis alors qu’elles étaient mineures. »

Amir Khaleqi et Safar Angooti, mineurs délinquants, doivent tous deux être mis à mort le mercredi 6 mai à quatre heures du matin, heure locale, à la prison d’Evin. On sait qu’au moins 135 autres mineurs délinquants sont détenus dans le quartier des condamnés à mort en Iran.

D’après Mohammad Mostafaie, leur avocat, Amir Khaleqi a tué un homme au cours d’une bagarre alors qu’il était ivre. Le jeune homme ne se souvient pas de la manière dont les événements se sont enchaînés mais il était si pétri de remords qu’il s’est livré à la police. Il avait seize ans au moment des faits. Il a finalement été condamné à la peine capitale, bien que le tribunal ait pris en considération le fait qu’il avait bu et était mineur à l’époque.

Le responsable du pouvoir judiciaire lui a accordé en février un sursis de deux mois, qui vient d’expirer ; son exécution doit avoir lieu mercredi 6 mai.
Safar Angooti a été reconnu coupable de meurtre à l’âge de dix-sept ans. D’après le journal Etemad, il a poignardé en avril 2008 un rival amoureux qui parlait à une jeune fille qui lui plaisait, acte pour lequel il a été condamné à mort. S’il a admis avoir tué cet homme, il affirme que ce n’était pas intentionnel.

Selon certaines informations, Mohammad Mostafaie a lui-même été arrêté dans la matinée du 5 mai alors qu’il venait de s’entretenir avec Ali Reza Jamshidi, porte-parole du pouvoir judiciaire, afin d’essayer d’obtenir l’annulation des exécutions. Il a été libéré quelques heures plus tard.

« Il est peut-être encore temps de sauver la vie d’Amir Khaleqi et de Safar Angooti qui, comme Delara, sont susceptibles d’être tués pour des crimes qu’ils auraient commis alors qu’ils étaient encore mineurs », a ajouté Hassiba Hadj Sahraoui.

L’organisation a engagé les autorités iraniennes à adopter une nouvelle loi interdisant une fois pour toutes l’exécution de mineurs délinquants, y compris ceux qui ont été déclarés coupables de meurtre, au titre du principe de la qisas (« réparation »). Le besoin impérieux de l’adoption d’une telle loi a récemment été une nouvelle fois illustré par l’exécution de Delara Darabi, ainsi que par la perspective que l’on ôte la vie à ces deux autres jeunes gens.
Depuis janvier 2009, l’Iran a exécuté au moins deux personnes pour des crimes qu’elles auraient commis alors qu’elles étaient mineures. Aucun autre pays n’a appliqué ce châtiment à cette catégorie de condamnés depuis 2007.
Dans le monde entier, des membres d’Amnesty International s’apprêtent à mener le mercredi 6 mai des actions devant des ambassades d’Iran afin de protester contre l’exécution de Delara Darabi, espérant que retentissement donné à l’affaire mettra un coup d’arrêt à la possible exécution d’Amir Khaleqi et de Safar Angooti.

Irene Khan, la secrétaire générale d’Amnesty International déposera des lys blancs devant l’ambassade d’Iran à Londres en signe de protestation contre l’exécution de Delara Darabi et d’autres mineurs délinquants dans ce pays.

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