Iran. L’investiture devrait être l’occasion de mettre fin à la répression

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI
4 août 2009

À la veille de l’inauguration du deuxième mandat présidentiel de Mahmoud Ahmadinejad en Iran, la secrétaire générale d’Amnesty International Irene Khan a tiré le signal d’alarme face à la répression croissante dans le pays et demandé qu’il soit mis fin immédiatement aux détentions, aux actes de torture et aux procès iniques dont sont victimes les manifestants pacifiques.

« Au lieu d’une simple reprise de fonctions de Mahmoud Ahmadinejad, l’investiture du 5 août devrait être l’occasion pour le Guide suprême et ceux qui l’entourent de tourner la page et de mettre fin aux violations flagrantes des droits fondamentaux qui ont ponctué les dernières semaines et caractérisent la situation en Iran depuis de trop nombreuses années,a déclaré Irene Khan depuis la Turquie, où elle effectue actuellement une visite.

«  Les gouvernements du monde entier – et en particulier ceux qui ont des relations solides avec Téhéran et peuvent exercer une influence sur les autorités – doivent insister auprès des dirigeants iraniens sur la nécessité de respecter les droits humains.

« Il faut que les autorités iraniennes prennent dès maintenant des mesures pour mettre fin aux actes de violence des forces de sécurité, dont les bassidji (miliciens volontaires), qui ont affiché de manière extrêmement choquante ces dernières semaines un mépris évident pour la loi et les droits fondamentaux.

« Le Guide suprême et ceux qui l’entourent doivent inverser la tendance actuelle à la répression et respecter les droits des citoyens iraniens. »

Dans un premier temps, Amnesty International appelle les autorités iraniennes à libérer immédiatement toutes les personnes détenues pour avoir protesté pacifiquement contre les résultats controversés de l’élection présidentielle du 12 juin, et à veiller à ce que les personnes accusées de violences soient jugées dans le respect des normes internationales d’équité des procès.

« Il est totalement inacceptable, a déclaré Irene Khan, que plus d’une centaine de manifestants et de personnes critiques à l’égard du gouvernement soient jugés à huis clos sans avoir été autorisés à entrer en contact avec un avocat ou leur famille depuis leur arrestation et alors que des informations circulent selon lesquelles on les aurait torturés ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements pour qu’ils avouent avoir fomenté les émeutes.

« Leur procès semble avoir pour seul objectif de masquer les causes du mouvement de protestation, de justifier les méthodes illégales auxquelles les autorités ont eu recours pour les faire taire et de dissuader les autres personnes de continuer de manifester leur désapprobation. »

Irene Khan a souligné que le traitement réservé aux personnes en train d’être jugées contrastait avec l’impunité dont avaient bénéficié les bassidji et les forces de sécurité. « En réalité, ce sont ces soi-disant forces de sécurité qui commettent des crimes, en toute impunité, en violant les droits humains. Elles doivent être tenues de rendre des comptes, et le Guide suprême et ses associés ont l’obligation d’y veiller. »

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