Communiqué de presse

Iran. Les autorités doivent bloquer l’exécution imminente d’une jeune femme de 26 ans

Les autorités iraniennes ont confirmé lundi 29 septembre qu’une femme déclarée coupable d’avoir tué un homme qui aurait tenté de l’agresser sexuellement allait être pendue mardi 30 septembre au matin, dans une prison située à l’ouest de Téhéran, a déclaré Amnesty International.

Reyhaneh Jabbari a été condamnée à mort en 2009, à l’issue d’une enquête et d’un procès entachés de graves irrégularités, au cours desquels tous les éléments de preuve n’ont pas été examinés.

« Cette exécution ne doit pas avoir lieu, d’autant que de sérieux doutes subsistent quant aux circonstances de l’homicide, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Au lieu de procéder à de nouvelles exécutions, les autorités iraniennes doivent réformer leur système judiciaire, qui repose sur des procédures non conformes au droit international et aux normes internationales d’équité des procès. »

« Au titre des normes internationales relatives aux droits humains, les détenus inculpés de crimes passibles de la peine de mort ont droit au respect le plus strict de toutes les garanties d’équité. »

Reyhaneh Jabbari, 26 ans, a été arrêtée en 2007 pour le meurtre de Morteza Abdolali Sarbandi, un ancien agent du ministère iranien des Renseignements. Elle a été placée à l’isolement pendant deux mois, sans pouvoir consulter un avocat ni entrer en contact avec sa famille. Elle a été condamnée à mort au titre de qisas (« réparation ») par un tribunal pénal à Téhéran en 2009.

À la connaissance d’Amnesty International, Reyhaneh Jabbari a reconnu avoir poignardé Morteza Abdolali Sarbandi une fois dans le dos, mais a déclaré qu’il avait été tué par un autre homme qui se trouvait également dans la maison. Cette allégation n’a semble-t-il jamais fait l’objet de véritables investigations.

« Les autorités doivent stopper immédiatement l’exécution de Reyhaneh Jabbari. Il est inacceptable qu’elle n’ait pas été assistée d’un avocat durant son interrogatoire et trop de questions restent sans réponse, la présence d’un autre homme dans la maison n’ayant pas été vérifiée
 », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

La mère de Reyhaneh Jabbari a déclaré le 29 septembre sur Facebook que les autorités pénitentiaires d’Evin lui avaient dit de venir « récupérer le corps » demain.

Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. La peine capitale viole le droit à la vie, garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme, et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.

Complément d’information

Le 14 septembre 2014, les autorités judiciaires auraient fait pression sur Reyhaneh Jabbari pour qu’elle retire l’affaire à son avocat Mohammad Ali Jedari Foroughi et prenne à la place un avocat inexpérimenté. Il s’agissait visiblement de perturber les démarches entreprises par son avocat pour obtenir qu’une enquête soit menée sur la présence d’un autre homme dans la maison.

Amnesty International croit savoir qu’avant que l’affaire ne lui soit retirée, Mohammad Ali Jedari Foroughi a fait plusieurs demandes pour s’entretenir avec sa cliente et avoir accès à son dossier, demandes qui ont toutes été rejetées.

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