Iran. Les autorités doivent libérer un prisonnier d’opinion en grève de la faim

Les autorités iraniennes doivent libérer un journaliste et prisonnier d’opinion, qui a entamé une grève de la faim le 26 mai afin de protester contre le refus des autorités de lui permettre de rendre visite à son fils malade, a déclaré Amnesty International.

Mohammad Sadiq Kabudvand, ancien rédacteur en chef d’un hebdomadaire et fondateur de l’Organisation des droits humains du Kurdistan, a purgé pratiquement la moitié de sa condamnation à une peine de 10 ans et demi de prison. Il avait été déclaré coupable de charges liées à son travail de journaliste et à ses activités en faveur des droits humains.

Il est incarcéré à la prison d’Evin à Téhéran.

« Les autorités iraniennes empêchent Mohammad Sadiq Kabudvand de rendre visite à son fils gravement malade, semble-t-il dans le but de faire pression sur lui pour qu’il cesse les activités militantes qu’il poursuit depuis l’enceinte de la prison, d’où il écrit des lettres ouvertes aux représentants de l’État, a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Mohammad Sadiq Kabudvand n’aurait jamais dû être emprisonné, car il est détenu uniquement pour avoir exercé, de manière pourtant pacifique, son droit à la liberté d’expression par le biais de son travail de journaliste et de son action en faveur des droits fondamentaux. Il doit être libéré immédiatement et sans condition.

Infliger des tourments supplémentaires à un père en l’empêchant de se rendre au chevet de son fils malade témoigne une nouvelle fois de la cruauté dont font preuve les autorités iraniennes. »

Le fils de Mohammad Sadiq Kabudvand, Pejman, souffre depuis janvier 2012 d’une pathologie non diagnostiquée. Son père n’a été autorisé à lui rendre visite à l’hôpital qu’une seule fois, en février 2012, pendant deux heures et demie.

Pourtant, le Règlement des prisons autorise des permissions de sortie pour des visites de ce type, et c’est une pratique courante en Iran.

Dans une lettre ouverte datée du 27 mai, Mohammad Sadiq Kabudvand a déclaré :

« Les services du procureur et les organes chargés de la sécurité continuent de me refuser une permission de sortie, en raison de l’hostilité, de la rancune et de la méchanceté qu’ils nourrissent à mon égard, parce que je milite pour les droits humains. Et ce alors que j’ai purgé la moitié de ma peine de prison illégale et inique, et en dépit de la maladie incurable de mon fils et de sa situation plus que critique… Aussi, pour protester contre le comportement illégal et inhumain de ces représentants de la justice et des forces de l’ordre, j’entame une grève de la faim à durée indéterminée à partir du samedi 26 mai 2012, à 21 heures. »

L’état de santé de Mohammad Sadiq Kabudvand s’est détérioré en raison de sa grève de la faim prolongée. Le personnel soignant et les médecins de la prison ont recommandé qu’il soit transféré vers un hôpital pour y recevoir des soins appropriés.

Mohammad Sadiq Kabudvand a refusé d’être transféré car il devait être menotté, et il craignait d’être alimenté de force, notamment par voie intraveineuse, une fois à l’hôpital.

Les médecins de la prison lui font désormais des injections quotidiennes pour ses problèmes rénaux.

Membre de l’Organisation des droits humains du Kurdistan (HROK), Mohammad Sadiq Kabudvand était aussi rédacteur en chef de l’hebdomadaire Payam-e Mardom-e Kordestan (Le Message du peuple du Kurdistan), qui promouvait les droits culturels, sociaux et politiques de la minorité kurde en Iran.

Le 27 juin 2004, la justice iranienne a interdit la publication de Payam-e Mardom-e Kordestan pendant trois ans, pour « diffusion d’idées séparatistes et publication de fausses informations ». La Cour suprême a levé cette interdiction en appel, mais le journal n’a pas reparu depuis.

En juillet 2009, Mohammad Sadiq Kabudvand a comparu devant la 1ère chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad, dans le nord-est de l’Iran, sous l’inculpation de « propagande contre le régime », pour avoir publié et diffusé des tracts sur les femmes kurdes.

Il aurait déclaré lors de l’audience : « L’acte d’accusation fait référence à des éléments imprimés dans ce tract qui n’ont aucune ressemblance avec le type de documents publiés par HROK. Les documents que l’association diffuse portent son logo et son adresse. Nous nous bornons à assumer la responsabilité des documents publiés sur le site Internet de l’association. »

À la connaissance d’Amnesty International, aucun jugement n’a été prononcé à l’issue de ce procès.

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