Iran : Manifestants et militants étudiants doivent être traité conformément aux normes internationales en matière de droits humains

Index AI : MDE 13/019/2003
ÉFAI

Mercredi 9 juillet 2003

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International est préoccupée par l’arrestation le 8 juillet 2003 de
Reza Ameri Nassab, Ali Moghtadari et Arash Hashemi, dirigeants étudiants qui
pourraient avoir été visés uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leur
point de vue politique. Tous les trois ont été arrêtés après avoir pris part
à une conférence de presse publique qui s’est tenue dans les locaux du
Daftar-e Tahkim-e Vahdat (Bureau de la consolidation de l’unité, BCU)
organisée à l’occasion de l’anniversaire des manifestations étudiantes du 18
Tir (9 juillet 1999). Au cours de cette conférence de presse, ils avaient
critiqué les restrictions à la liberté d’expression et d’association en
Iran. Selon les informations reçues, ils auraient été jetés à terre et
embarqués dans trois véhicules séparés pour une destination inconnue. Ali
Moghtadari aurait été remis en liberté le même soir.

De telles arrestations s’inscrivent dans une politique de violation des
droits humains dont sont victimes depuis le 18 Tir les étudiants qui
protestent ou manifestent.

Depuis le 11 juin 2003, plus de 4 000 manifestants ont été arrêtés. Environ
2 000 sont toujours maintenus en détention sans avoir été jugés ni même
inculpés. Au moins 65 personnes auraient été inculpées, mais les chefs
d’inculpation n’ont pas été rendus publics.

Parmi ces détenus, beaucoup semblent avoir été choisis pour cible parce
qu’ils avaient manifesté pacifiquement. Amnesty International les considère
comme des prisonniers d’opinion et demande leur remise en liberté immédiate
et sans condition. Amnesty International appelle également à ce que toutes
les personnes inculpées d’une infraction dûment reconnue par la loi soient
jugées dans un délai raisonnable lors de procès équitables.

Les autorités doivent prendre des mesures immédiates pour faire en sorte que
militants étudiants et manifestants pacifiques soient traités conformément
aux normes internationales en matière de droits humains.

Complément d’information

De nombreux manifestants étudiants parmi lesquels Ahmad Batebi, Abbas
Deldar, Javid Tehrani, Mehrdad Lohrasebi, Akbar et Manuchehr Mohammadi ont
été arrêtés après les manifestations étudiantes de juillet 1999 à Téhéran.
Des dizaines d’entre eux ont été confrontés à la torture et à de mauvais
traitements pendant leur période de détention au secret. Tout comme Ali
Afshari, dirigeant étudiant, ils ont été emprisonnés à la suite de procès
manifestement inéquitables. Au cours de ces derniers jours, Ahmad Batebi et
Manuchehr Mohammadi ont été transférés de la prison Evin vers un lieu
inconnu.

Près de 80 étudiants logeant dans des résidences universitaires du quartier
Amir Abad à Téhéran ont manifesté le 11 juin contre un projet de loi visant
à privatiser les universités en Iran ; ils craignaient de voir les frais
d’inscription augmenter. Rejoints par des habitants du quartier, leur
manifestation aurait dégénéré et pris un tour résolument politique. Des
groupes organisés d’individus en civil, connus en Iran comme les lebas
shaksi-ha (les habits civils) ont commencé à attaquer les manifestants ; la
police est intervenue pour mettre un terme aux affrontements. Au cours des
nuits suivantes, les manifestations se sont poursuivies et des unités des
Forces spéciales (Nirou-ye Vijeh) ont été envoyées pour disperser les
manifestants. Toutefois, selon certaines informations, les Forces spéciales
auraient laissé des lebas shakhsi-ha attaquer des manifestants pacifiques.
Un recours excessif à la force aurait également été utilisé pour disperser
les manifestations.

Amnesty International a, à de nombreuses reprises, demandé aux autorités de
traiter le problème des atteintes aux droits humains perpétrées à l’encontre
de manifestants. À ce jour, l’organisation n’a pas reçu de réponse.

Pour consulter le rapport sur l’Iran - Le système juridique ne protège la
liberté d’expression et d’association, (Indes AI : MDE 13/045/2001, veuillez
consulter le site :

http://web.amnesty.org/library/index/framde130452001

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