Communiqué de presse

Iran. Un instituteur doit être exécuté à l’aube

Les autorités iraniennes doivent immédiatement annuler l’exécution de Mahmoud Barati, instituteur reconnu coupable d’infractions liées à la législation sur les stupéfiants à l’issue d’un procès inique, fondé notamment, selon certaines informations, sur des « aveux » extorqués sous la torture et les mauvais traitements, a déclaré Amnesty International.

D’après des contacts dans la prison de Ghezel Hesar, Mahmoud Barati a été transféré à l’isolement et doit être exécuté le 8 septembre 2015 à l’aube.

« Il faut annuler immédiatement l’exécution de Mahmoud Barati. Le droit international n’autorise pas à recourir à la peine de mort pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. Les autorités iraniennes doivent annuler sa condamnation à mort », a déclaré Audrey Gaughran, directrice du programme Thématiques mondiales à Amnesty International.

« Elles doivent mettre fin à leur frénésie meurtrière sans précédent – plus de 700 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année, la plupart pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. »

Selon un contact dans la prison de Ghezel Hesar, à la suite de son arrestation il y a 10 ans, Mahmoud Barati a été détenu dans un centre de l’Office de lutte contre les infractions à la législation sur les stupéfiants pendant 10 jours. Il y aurait été soumis à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements en vue de le faire « avouer ». Par la suite, dans des déclarations au procureur et au tribunal, il est revenu sur ses « aveux ».

Le contact dans la prison s’est également dit préoccupé par le fait que le principal témoin à charge contre Mahmoud Barati était sans doute revenu sur son témoignage.

La loi iranienne relative à la lutte contre les stupéfiants prévoit la peine de mort statutaire pour une série d’infractions à la législation sur les stupéfiants, notamment le trafic de plus de 5 kilos de drogue dérivée de l’opium ou de plus de 30 grammes d’héroïne, de morphine, de cocaïne ou de leurs dérivés chimiques.

Ces dispositions violent le droit international, qui restreint le recours à la peine de mort aux « crimes les plus graves » – les crimes impliquant l’homicide volontaire. Les infractions à la législation sur les stupéfiants n’en font pas partie.

Aucun élément ne prouve que la peine de mort soit un châtiment particulièrement dissuasif pour la criminalité et le trafic ou l’usage de drogue. Cette année, le directeur adjoint du Centre iranien de recherche stratégique a reconnu que la peine de mort ne permettait pas de réduire l’ampleur du trafic de stupéfiants.

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