Communiqué de presse

Irlande du Nord. Ceux qui ont cautionné ou autorisé le recours à la torture doivent rendre des comptes

Les allégations diffusées le 4 juin dans un documentaire sur la chaîne de télévision publique irlandaise RTÉ, selon lesquelles le gouvernement britannique a cautionné le recours à la torture en Irlande du Nord dans les années 1970 et s’est abstenu de révéler des éléments de preuve pertinents à la Cour européenne des droits de l’homme, attestent de l’incapacité de mettre en place un mécanisme global afin de faire face au passé, a déclaré Amnesty International.

En 1971, l’Irlande a soumis la première requête interétatique à la Cour européenne des droits de l’homme, affirmant que la Grande-Bretagne avait violé la Convention européenne des droits de l’homme. Le recours à la torture durant la détention fut centrale dans cette affaire, concernant 14 détenus (les « hooded men »).

Le documentaire, intitulé The Torture Files, se fonde sur les investigations menées par le Centre Pat Finucane, ONG qui défend les droits humains en Irlande du Nord, et la RTÉ. Il affirme que le gouvernement britannique a dissimulé dans le cadre de sa défense des éléments de preuve pertinents à la Cour européenne des droits de l’homme.

« Pas une semaine ne se passe sans qu’une révélation n’éclate sur le passé trouble de l’Irlande du Nord. Le fait qu’il ait fallu les enquêtes d’une ONG et de journalistes persévérants pour déterrer ce triste épisode concernant l’incapacité de l’État à admettre qu’il a cautionné la torture fait écho au manque de détermination à faire face au passé, a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Les nouvelles allégations sur cette affaire et d’autres cas choquants mettent en évidence la nécessité pour toutes les parties de reconnaître le rôle qu’elles ont joué dans cette histoire sordide. Tous les responsables qui ont cautionné ou commis des actes de torture – un crime qui relève du droit international – doivent rendre des comptes. »

Les recherches qu’a menées Amnesty International sur la torture en détention en Irlande du Nord dans les années 1970, notamment publiées dans deux rapports sur la détention en 1971 et 1978, ont largement contribué au fait que ces affaires soient portées devant la Cour européenne.

L’organisation réclame la mise en place d’un mécanisme global pour examiner le conflit dans son ensemble, établir la vérité sur les violations des droits humains non élucidées et déterminer les responsabilités.

Ce mécanisme doit également traiter les atteintes subies par les personnes grièvement blessées et les victimes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, qui sont trop souvent exclues des procédures existantes.

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