Israël. Condamnation de l’attentat de Jérusalem, Israël doit renoncer aux tirs de mortier sur des zones résidentielles

Déclaration publique

Index AI : MDE 15/020/2011 - AILRC-FR

24 mars 2011

Amnesty International a condamné l’attentat, perpétré à Jérusalem le 23 mars, qui visait clairement des civils israéliens et demandé instamment à Israël de cesser les tirs de mortier sur des zones résidentielles, après la mort de quatre civils palestiniens dans la ville de Gaza en début de semaine suite à une attaque israélienne.

L’attentat du 23 mars à Jérusalem, qui s’est produit à un arrêt de bus dans le centre de la ville, a tué une femme britannique et fait plus de 30 blessés, dont trois sont gravement touchés. Aucun groupe n’a revendiqué l’attentat, mais le lieu où il s’est produit et la composition de la bombe indiquent qu’il avait pour objectif de causer de lourdes pertes dans la population civile. La bombe, qui contenait des billes d’acier selon certaines sources, avait été abandonnée dans un sac à un arrêt de bus très fréquenté, près du Centre international de Convention de Jérusalem et de la gare routière centrale. C’est le premier attentat à Jérusalem depuis 2004.

Amnesty International répète une nouvelle fois que toutes les attaques visant des civils – quels que soient le lieu et le moment et quels qu’en soient les auteurs – sont absolument interdites en droit international.

L’attentat de Jérusalem intervient alors que les tirs indiscriminés de roquettes dans le sud d’Israël par des groupes armés palestiniens se sont multipliés ces derniers temps et qu’Israël a mené de nombreuses attaques sur la bande de Gaza. Depuis le 19 mars, les tirs d’artillerie israéliens et les raids aériens menés par Israël ont tué six civils palestiniens à Gaza, dont quatre enfants, ainsi que quatre combattants des Brigades al Qods, la branche militaire du Djihad islamique. Plus de 25 Palestiniens, des civils pour la plupart, parmi lesquels 11 enfants, ont été blessés et des biens et infrastructures électriques ont été gravement endommagés par les attaques israéliennes.

Amnesty International est très préoccupée par le fait que lors d’une attaque récente au moins, sur Gaza, les militaires israéliens n’ont pas opéré de distinction entre combattants et civils. Le 22 mars, les forces israéliennes ont tiré quatre obus de mortier « Keshet » sur le quartier densément peuplé d’al Chajaïya dans la ville de Gaza. Le troisième obus a atterri près de la maison de la famille al Hilu sur un groupe d’enfants et de jeunes qui jouaient au football, tuant deux d’entre eux . Le quatrième obus a tué un homme et son petit-fils qui tentaient d’évacuer les blessés. Onze autres civils ont été touchés par des éclats, trois d’entre eux au moins ont été gravement atteints ; la plupart des blessés sont des membres de la famille al Hilu, huit sont des enfants.

Dans une déclaration, l’armée israélienne a exprimé ses regrets pour les victimes civiles et déclaré qu’une enquête avait été ouverte, tout en accusant le Hamas « d’utiliser des civils comme boucliers humains ». Même si les forces israéliennes avaient tiré au mortier en riposte à des tirs de groupes armés palestiniens, l’utilisation d’une arme aussi imprécise que des obus de mortier dans une zone résidentielle densément peuplée serait contraire aux obligations d’Israël au regard du droit international humanitaire qui dit que les précautions nécessaires doivent être prises pour épargner les civils. Amnesty International appelle les autorités israéliennes à ouvrir une enquête indépendante sur cet épisode et à ne plus recourir aux tirs de mortier dans les zones résidentielles.

Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes tirent des obus de mortier sur des zones civiles densément peuplées. Au cours de l’opération « Plomb durci », les forces israéliennes ont tiré des mortiers « Keshet » près d’une école de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), dans le camp de réfugiés de Jabaliya le 6 janvier 2009, tuant plus de 30 civils qui avaient trouvé refuge dans l’école à ce moment-là. Cet épisode a fait l’objet d’une enquête approfondie par Amnesty International et une commission d’enquête des Nations unies à l’époque, l’armée israélienne avait également ouvert une enquête. En juillet 2010, dans la deuxième mise à jour de son rapport sur les enquêtes menées sur l’opération de Gaza, Israël a indiqué que, suite à l’enquête militaire menée sur cet épisode, l’Avocat militaire général avait recommandé que soient revus les ordres militaires relatifs aux tirs de mortiers dans des zones peuplées afin de diminuer le nombre de victimes civiles à l’avenir. Amnesty International est troublée de constater que, huit mois plus tard, cette recommandation ne semble toujours pas être appliquée.

Israël a le devoir de protéger les populations à l’intérieur de ses frontières des tirs de roquettes et de mortier. Mais il doit se conformer à ses obligations au regard du droit international humanitaire, y compris en choisissant des moyens et méthodes d’attaque qui font la distinction entre cibles militaires légitimes et civils.

Le 19 mars, des groupes armés palestiniens ont tiré plus de 50 obus de mortier et roquettes sur le sud d’Israël ; deux civils israéliens ont été légèrement blessés et les bâtiments d’un kibboutz ont été endommagés. Les Brigades Ezzedine al Qassam, branche militaire du Hamas, ont revendiqué la responsabilité de 33 obus de mortier tirés sur Israël ; dans une déclaration, elles affirment que les attaques visaient des bases militaires israéliennes et venaient en représailles à la mort de deux membres des Brigades, tués trois jours plus tôt lors d’un raid aérien israélien.

Les tirs de roquettes et de mortier se poursuivent depuis le 19 mars ; des roquettes Grad sont tombées dans et à proximité des villes d’Ashkelon, Ashdod et Beersheva, causant des dégâts matériels et blessant légèrement des habitants.

Amnesty International a toujours condamné les tirs indiscriminés de roquettes et d’obus de mortier sur Israël par des groupes armés palestiniens. La mission d’établissement des faits des Nations unies sur le conflit de Gaza, menée par le juge Richard Goldstone, a conclu dans son rapport de septembre 2009, que de telles attaques constituaient des crimes de guerre.

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