Israël doit cesser les homicides illégaux de Palestiniens et les bombardements aveugles

Déclaration publique

MDE 15/049/2006

Amnesty International demande à Israël de cesser immédiatement ses bombardements aveugles et ses frappes aériennes contre la bande de Gaza, qui ont tué et blessé des dizaines de Palestiniens sans armes, y compris plusieurs femmes et enfants, au cours des derniers mois.

Lors de la dernière de ces attaques, l’après-midi de ce vendredi 9 juin, sept membres de la même famille palestinienne ont été tués, et des dizaines d’autres civils ont été blessés, lorsque les forces israéliennes ont tiré plusieurs obus d’artillerie contre une plage dans le nord de la bande de Gaza. La plage accueillait de très nombreuses familles palestiniennes profitant du premier week-end des vacances scolaires.

Ali Issa Ghalia, sa femme Raïssa et leurs cinq enfants
- un fils âgé de un an, et quatre filles âgées de deux, quatre, quinze et dix-sept ans - ont été tués, et d’autres membres de leur famille, dont deux enfants, ont été blessés, quand un obus israélien est tombé à l’endroit où ils étaient assis. Quelque 30 autres civils assis à proximité, dont une dizaine d’enfants, ont été également blessés dans l’explosion.

Amnesty International demande aux autorités israéliennes de faire en sorte que l’enquête qu’elles auraient ouverte soit approfondie et impartiale, que ses résultats soient rendus publics, que les responsables du bombardement mortel de civils sans armes soient traduits en justice, et que des mesures soient mises en place sans délai pour empêcher tout nouvel homicide de ce genre.

Les sept membres de la famille Ghalia étaient les derniers d’un nombre croissant de victimes d’attaques israéliennes contre la bande de Gaza, de plus en plus fréquentes et disproportionnées.

Hadeel Ghaben, âgée de sept ans, a été tuée par un obus d’artillerie israélien qui est tombé ce 10 avril sur sa maison dans le nord de la bande de Gaza, dans la ville de Beit Lahia. Sa mère, et ses huit frères et sœurs tous mineurs, ont également été blessés à cette occasion, ainsi que deux autres enfants du voisinage.

Lors d’une autre attaque, ce 19 mai, un missile, tiré par les forces israéliennes contre un véhicule en mouvement dans une rue passante de la ville de Gaza, a tué et blessé six membres de la famille Aman. Muhand, âgé de sept ans, sa mère Naima et sa grand-mère Hanan ont été tués, sa sœur Mariya, âgée de quatre ans et son oncle Nahed sont restés paralysés.

Depuis la fin mars, les forces israéliennes ont tiré quelque 6 000 obus d’artillerie et plus de 80 missiles contre la bande de Gaza, l’un des endroit les plus densément peuplés du monde.

Selon des responsables israéliens, les frappes aériennes et bombardements intensifs sont une réaction au tir de plus de 200 roquettes artisanales (qassams) contre la partie sud d’Israël par des groupes armés palestiniens opérant dans la bande de Gaza. Ces roquettes, tirées en réaction aux attaques palestiniennes, selon les groupes armés palestiniens, frappent de manière aveugle et mettent les civils en danger. Même si, en pratique, ces roquettes sont presque toujours tombées sur des endroits dégagés, l’une d’elles, tirée le 11 juin, a blessé trois civils israéliens. Amnesty International renouvelle sa demande auprès de l’Autorité palestinienne, afin qu’elle empêche de nouvelles attaques à la roquette - ou autres - par des groupes armés palestiniens contre des civils israéliens.

Depuis le début de l’année 2006, les forces israéliennes ont tué plus de 130 Palestiniens - dont beaucoup n’étaient pas armés - dont plus de 20 enfants. Au cours de la même période, 16 Israéliens, dont deux enfants, ont été tués par des groupes armés palestiniens.

Selon des responsables israéliens, les soldats n’ouvrent le feu que lorsque leur vie est en danger, et ne font que riposter aux sources des tirs palestiniens ; pourtant, le grand nombre de Palestiniens sans armes (dont plus de 600 mineurs) tués par les forces israéliennes au cours des cinq dernières années et demie indique le contraire.

Les autorités israéliennes ont exprimé leurs regrets pour certains homicides de civils palestiniens - généralement dans des cas qui attirent l’attention des médias internationaux - affirmant qu’il s’agissait d’erreurs. Pourtant, les autorités israéliennes, qui sont responsables du comportement de leurs forces armées, sont pleinement conscientes que l’usage de certaines armes et munitions dans ces situations inflige inévitablement la mort ou des blessures aux passants, notamment des enfants.

De nombreux homicides de Palestiniens lors de tirs d’armes à feu, de tanks et de frappes aériennes en aveugle par les forces israéliennes sont illégaux.

Ces homicides ont été commis par les forces israéliennes appliquant la politique du gouvernement, comme l’attestent l’approbation des autorités gouvernementales qui sont pleinement conscientes des conséquences de telles pratiques.

Les regrets exprimés par les autorités israéliennes sonnent faux devant leur absence persistante de volonté de changer les pratiques de leurs forces armées, et de mettre en place les garanties nécessaires pour empêcher de tels homicides.

Amnesty International renouvelle sa demande aux autorités israéliennes :

 de prendre des mesures concrètes pour que les forces israéliennes cessent immédiatement les tirs en aveugle, au hasard et disproportionnés ;

 d’ouvrir promptement des enquêtes indépendantes sur tous les homicides de Palestiniens par des forces israéliennes, et de traduire en justice toute personne reconnue responsable de l’homicide illégal de civils.