ISRAËL ET TERRITOIRES OCCUPÉS : Israël doit arrêter immédiatement la construction du mur/barrière en Cisjordanie

Index AI : MDE 15/099/2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International joint sa voix aux protestations lancées dans le monde
entier à partir du dimanche 9 novembre contre la construction du
mur/barrière (généralement appelé la « barrière de séparation ») en
Cisjordanie occupée. L’organisation de défense des droits humains demande
aux autorités israéliennes d’arrêter la construction de cette barrière en
Cisjordanie, qui entrave la vie de centaines de milliers de Palestiniens.

Des organisations israéliennes, palestiniennes et internationales
participent ou apportent leur soutien à la campagne « Stop the wall », qui a
déclaré le 9 novembre Journée internationale d’action contre le mur. La
semaine de protestation démarre ce dimanche 9 novembre dans de nombreux
pays, dont l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Argentine, l’Australie, le
Bangladesh, la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, l’Espagne, les
États-Unis, la France, la Hollande, l’Italie, la Jordanie, la Norvège, le
Royaume-Uni et la Suède.

« Cette " barrière de séparation " a des conséquences économiques et
sociales désastreuses sur la vie quotidienne de centaines de milliers de
Palestiniens, séparant les familles et les villages, et empêchant les
habitants d’accéder à leurs terres et à l’eau - leurs ressources les plus
précieuses », a déclaré Amnesty International.

Israël poursuit la construction de ce mur, la deuxième phase pénétrant
encore plus avant en Cisjordanie que la première. De nouveau, des milliers
de Palestiniens sont séparés de leurs terres et des services élémentaires
dans les villages ou villes environnants, et les déplacements de tous les
Palestiniens dans ces zones sont encore restreints.

Les autorités israéliennes affirment que ce mur est érigé pour empêcher
d’éventuels attaquants palestiniens d’entrer en Israël et de se livrer à des
attentats-suicides et autres attaques. Pourtant, la réalité sur le terrain
ne corrobore pas ces allégations. En effet, le mur ne suit pas le tracé de
la ligne verte qui sépare Israël de la Cisjordanie. La plus grande partie
est édifiée sur des terrains palestiniens et pénètre à plusieurs kilomètres
à l’intérieur de la Cisjordanie, afin d’isoler les Palestiniens des
implantations israéliennes illégalement installées dans les Territoires
occupés.

« La construction de ce mur/barrière à son emplacement actuel doit être
stoppée immédiatement, a indiqué Amnesty International. Tandis qu’il
continue de serpenter sur des terres palestiniennes, de plus en plus de
Palestiniens se retrouvent pris au piège dans des enclaves et des cantons,
et ne peuvent jouir d’un semblant de vie normale.

« Israël a le droit de prendre des mesures raisonnables, nécessaires et
proportionnées afin d’assurer la protection de ses citoyens et de ses
frontières. Il peut notamment empêcher l’entrée sur son territoire de
Palestiniens ou d’autres personnes soupçonnés à juste titre d’avoir
l’intention de commettre des attentats-suicides ou autres attaques, a ajouté
Amnesty International.

« Toutefois, Israël n’a pas le droit de détruire ni de confisquer
illégalement des terres et des biens palestiniens, ni d’entraver les
déplacements des Palestiniens au sein des Territoires occupés, en vue de
renforcer son contrôle sur des terres accueillant des colonies israéliennes
illégales. »

Pour construire le mur, de vastes zones de terres cultivées, majoritairement
palestiniennes, ont été détruites. Les autorités militaires israéliennes ont
réquisitionné les terres sur lesquelles le mur est construit pour des « 
besoins militaires ». Bien que les ordres de confiscation soient
généralement « temporaires », le plus souvent valables jusqu’à fin 2005, ils
peuvent être renouvelés indéfiniment. Au cours des dernières décennies, des
installations permanentes, notamment des colonies et des routes destinées
aux colons, ont été construites sur des terres palestiniennes saisies « 
provisoirement » par Israël et qui n’ont jamais été restituées à leurs
propriétaires.

La structure très coûteuse et ultra perfectionnée du mur indique qu’il
semble être conçu pour s’inscrire dans la durée. Les Palestiniens concernés
doivent le franchir à certaines portes ou certains postes de contrôle afin
de se rendre dans le reste de la Cisjordanie, de travailler, de cultiver
leurs champs, de vendre leur production agricole, d’aller à l’école ou de
faire des études, et d’accéder aux centres de santé situés dans les villages
et villes environnants.

Les autorités israéliennes refusent systématiquement de fournir à l’avance
des informations précises sur le tracé du mur. Ces informations sont
communiquées lorsque le travail de préparation démarre sur le terrain ou
lorsque les autorités adressent des ordres de confiscation aux habitants
dont les terrains vont être saisis pour édifier cette « barrière de
séparation ».

Pour en savoir plus, veuillez consulter les documents suivants :

Israël et Territoires occupés. Survivre en état de siège : entraves à la
liberté de mouvement et droit au travail
<http://web.amnesty.org/library/inde...> , septembre 2003
(Index AI : MDE 15/001/2003) ;

Israel and the Occupied Territories : Surviving under siege : The impact of
movement restrictions on the right to work : Executive Summary
<http://web.amnesty.org/library/inde...> , septembre 2003
(Index AI : MDE 15/064/2003)

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