ISRAËL ET TERRITOIRES OCCUPÉS - Israël doit cesser ses attaques contre les zones d’habitation de Gaza, où plusieurs enfants ont été tués

Index AI : MDE 15/031/2006

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International appelle l’armée israélienne à cesser immédiatement le pilonnage et les bombardements aériens de zones d’habitation civiles dans la bande de Gaza. Au moins deux enfants palestiniens ont été tués et des dizaines de civils blessés ces derniers jours au cours de telles attaques ; une quinzaine d’autres Palestiniens, présentés comme des membres de groupes armés, ont été tués.

Hadeel Ghaban, une fillette de 7 ans, a été tuée le 10 avril 2006 par des tirs d’artillerie de l’armée israélienne qui ont touché sa maison à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza. La mère de la petite fille ainsi que ses frères et sœurs et plusieurs autres membres de la famille - une douzaine de personnes en tout, dont plusieurs enfants - ont été blessés dans cette attaque. Trois jours auparavant, un garçon de cinq ans, Bilal Abu al Einein, avait été tué lors d’un raid aérien israélien, alors qu’il se trouvait près d’une voiture avec son frère de 14 ans et leur père. Le père du petit garçon et trois autres hommes ont également été tués et plusieurs passants, dont deux enfants, blessés dans l’attaque. Les quatre hommes tués lors de ce raid ont été présentés comme membres d’un groupe armé palestinien, mais n’auraient été impliqués dans aucune confrontation armée au moment du raid aérien qui leur a coûté la vie.

L’armée israélienne a commenté l’attaque du 7 avril en ces termes : « Lors d’une action des forces de sécurité ce jour dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a mené une attaque aérienne contre un véhicule à bord duquel se trouvaient des terroristes revenant d’un camp d’entraînement de l’organisation des Comités de résistance populaire. Les terroristes utilisaient le camp pour des stages d’entraînement terroriste et de maniement des armes. » (traduction non officielle)

La déclaration ne fait pas mention de la mort d’un enfant de 5 ans.

Selon les médias israéliens, certaines sources au sein de l’armée israélienne et du ministère de la défense auraient exprimé des regrets après la mort de Hadeel Ghaban, tout en affirmant leur volonté de poursuivre des attaques intensives sur la bande de Gaza. Le 11 avril, le ministre de la défense Shaul Mofaz aurait déclaré « tant que le calme n’aura pas été établi ici [en Israël], il n’y aura pas de calme là-bas [à Gaza] » (cité par la quotidien Haaretz, dans son numéro du 11 avril 2006) http://www.haaretz.com/hasen/pages/ShArt.jhtml?itemNo=705055

Les regrets exprimés par des responsables israéliens du gouvernement et de l’armée après la mort d’enfants et de civils palestiniens sonnent creux alors que se poursuivent les attaques israéliennes contre des zones à forte densité de population ; des Palestiniens, y compris des enfants, sont tués dans des situations où ils ne représentent aucune menace pour la vie des Israéliens.

Un autre exemple concerne la mort de trois enfants palestiniens, Ahmed al Sweifi, 14 ans et Raed et Mahmud al Batash, 11 et 17 ans, lors d’un raid aérien israélien dans l’après-midi du 6 mars sur la ville de Gaza. Les enfants marchaient dans la rue lorsqu’un missile israélien a touché une voiture dans laquelle circulaient deux membres d’un groupe armé palestinien. Les deux passagers et les trois enfants, qui se trouvaient à hauteur du véhicule lorsque celui-ci a été touché, sont morts.

Plus d’une quinzaine d’enfants palestiniens ont été tués et des dizaines d’autres blessés lors d’attaques de l’armée israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis le début de l’année 2006. En tout, quelque 75 Palestiniens ont été tués par les soldats israéliens au cours de ces trois derniers mois et des dizaines d’autres Palestiniens, notamment des enfants, ont été blessés. Beaucoup de ceux qui ont été tués étaient membres de groupes armés palestiniens, pris pour cibles en dehors de toute implication dans une attaque ou confrontation armée au moment des faits.

Les autorités israéliennes poursuivent depuis longtemps une politique d’exécutions extrajudiciaires en lieu et place d’arrestations et de poursuites légales des Palestiniens impliqués dans des attaques visant des Israéliens. Des centaines de gens ont été tués dans de telles attaques, en plus des personnes visées. Depuis qu’Israël a redéployé ses troupes qui se trouvaient à l’intérieur de la bande de Gaza en septembre 2005, les forces israéliennes ont multiplié les raids aériens et les attaques d’artillerie contre différentes zones de la bande de Gaza. Les autorités israéliennes affirment que ces attaques sont une riposte aux fréquents tirs de mortier et attaques à la roquette des groupes armés palestiniens de la bande de Gaza contre les villes et les villages d’Israël en bordure de la bande de Gaza. Bien qu’ils ne fassent que rarement des morts ou des blessés côté israélien, ces tirs palestiniens sont illégaux et doivent cesser immédiatement.

Les forces israéliennes, pour leur part, doivent mettre immédiatement un terme à leur recours fréquent, disproportionné et excessif à la force contre les Palestiniens. Les attaques menées continuent de faire des morts et des blessés parmi les enfants et les civils palestiniens et bafouent le droit international.

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