ISRAËL ET TERRITOIRES OCCUPÉS : L’armée israélienne doit respecter les droits humains lors de ses opérations

Index AI : MDE 15/094/2004

Vendredi 1er octobre 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International est préoccupée par la sécurité de la population palestinienne dans le camp de réfugiés de Jabaliya et ailleurs au nord de la bande de Gaza où l’armée israélienne mène une offensive de grande ampleur.

Lors des deux derniers jours, l’armée israélienne a tué plus de 35 Palestiniens, dont des enfants et des habitants sans armes qui ne participaient pas aux combats. La plupart des victimes ont été touchées par des tirs provenant de tanks israéliens et deux morts au moins ont été causées par des tirs de missiles lancés d’un hélicoptère de combat.

Lors de ses opérations, l’armée israélienne déploie de nombreux tanks, des véhicules blindés et des hélicoptères de combat. Depuis quatre ans, des milliers de Palestiniens sans arme - dont des centaines d’enfants - résidant dans des camps de réfugiés surpeuplés ou dans d’autres zones d’habitation dans les Territoires occupés ont été tués ou blessés lors de tirs et bombardements fréquents, réalisés à l’aveuglette depuis des tanks et des hélicoptères Apache.

La dernière incursion de l’armée israélienne intervient après que deux enfants israéliens ont été tués par des coups de mortiers tirés le 29 septembre 2004 par des groupes armés palestiniens contre la ville de Sderot. Les attaques au mortier contre Sderot se sont intensifiées au cours des derniers mois ; elles avaient déjà coûté la vie à deux civils israéliens, dont un enfant. Le 30 septembre au matin, des groupes armés palestiniens ont tué au nord de la bande de Gaza une Israélienne habitant dans une colonie, ainsi que deux soldats israéliens.

Durant les deux derniers jours, l’armée israélienne a également détruit une vingtaine de maisons palestiniennes dans cette zone et les autorités israéliennes ont indiqué leur intention de poursuivre ces destructions. La semaine dernière, l’armée israélienne a détruit quelques 35 habitations dans le camp de réfugiés de Khan Yunes, dans la bande de Gaza.

Amnesty International craint que l’utilisation d’une force excessive par l’armée israélienne au cours de cette dernière incursion dans la bande de Gaza n’entraîne des pertes supplémentaires en vies humaines, ainsi que des destructions injustifiées d’habitations et de biens appartenant à des Palestiniens. Les représailles contre les personnes et les biens protégés sont interdites par la Quatrième Convention de Genève. Israël est tenue de veiller à ce que les mesures destinées à protéger la vie des civils israéliens soient compatibles avec ses obligations de respecter les droits humains et le droit international humanitaire.

Israël doit autoriser immédiatement les associations oeuvrant dans le domaine des droits humains et les associations humanitaires à entrer dans la bande de Gaza. Actuellement, les délégués d’Amnesty International et les membres des autres organisations ne sont pas autorisés à entrer dans la bande de Gaza.

Amnesty International demande une fois de plus aux groupes armés palestiniens d’arrêter immédiatement toute attaque contre des civils israéliens, que se soit en Israël ou dans les Territoires occupés. L’organisation demande aussi à l’Autorité palestinienne d’utiliser tous les moyens en son pouvoir pour empêcher de tels actes.

Afin de veiller à la protection des droits humains tant des Palestiniens que des Israéliens, Amnesty International réitère son appel à la communauté internationale pour qu’elle déploie des observateurs en Israël et dans les Territoires occupés.

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