ISRAËL ET TERRITOIRES OCCUPÉS - Les autorités israéliennes doivent mettre un terme à la violence des colons

Index AI : MDE 15/027/2005

Lundi 25 avril 2005

Amnesty International demande aux autorités israéliennes d’enquêter sur les récents empoisonnements de champs palestiniens et sur les attaques de plus en plus fréquentes menées par des colons israéliens contre des villageois palestiniens en Cisjordanie. De tels actes ne doivent plus être tolérés.

Ces dernières semaines, des produits chimiques toxiques ont été répandus à plusieurs reprises sur des champs proches des villages de Tuwani, d’Umm Faggara et de Kharruba, dans la région sud d’Hébron.

Des dizaines de moutons, de gazelles et d’autres animaux ont été contaminés par ces toxines : plusieurs en sont morts. Des paysans palestiniens ont été obligés de mettre leurs troupeaux en quarantaine et de cesser de consommer leur lait, leur fromage et leur viande, ce qui les prive de fait de leurs moyens d’existence. Depuis la découverte des premières toxines près de Tuwani, le 22 mars 2005, d’autres champs ont été empoisonnés dans la même région.

Dans les jours précédant le premier empoisonnement à Tuwani, un vigile de la colonie israélienne voisine de Ma’on aurait déclaré aux villageois qu’il voulait que les paysans palestiniens arrêtent de faire paître leur bétail près de la colonie - et que s’ils n’étaient pas d’accord, les colons et lui avaient les moyens de les arrêter.

Les analyses menées par le centre de science sanitaire environnementale et professionnelle, à l’université Bir Zeit, et par l’Autorité israélienne de protection de la nature, ont confirmé que deux produits chimiques toxiques avaient été répandus en grande quantité sur cette zone. Il s’agit du 2-Fluoracetamide, interdit dans plusieurs pays dont Israël, et soumis à de sévères restrictions dans le commerce international, et le Brodifacoum, un anticoagulant utilisé comme raticide.

Le 12 avril 2005, l’une de ces toxines fut également découverte dans le village de Yasouf, en Cisjordanie, dans un champ situé près de l’entrée de la colonie israélienne de Tapuah, près de l’endroit où l’armée israélienne vient de rouvrir la route reliant Yasouf à la route principale. La route menant à Yasouf était restée fermée aux Palestiniens pendant des années, forçant les gens à faire un long détour pour accéder au village.

Les zones où les produits toxiques ont été découverts se trouvent en Zone C, sous le contrôle total des autorités israéliennes ; Israël interdit aux forces de sécurité de l’Autorité palestinienne d’opérer dans ces endroits. À ce jour, les autorités israéliennes n’ont pas nettoyé les produits chimiques des zones touchées, laissant ce travail aux villageois palestiniens et aux militants pacifistes internationaux et israéliens. Les autorités n’ont pas non plus pris les mesures nécessaires pour enquêter sur cette affaire, afin de traduire les responsables en justice.

Des colons israéliens ont récemment intensifié leurs attaques et leurs menaces contre les paysans et villageois palestiniens, dans cette zone de Cisjordanie et d’autres, empêchant les Palestiniens d’avoir accès à leurs terres. Ces derniers mois, des colons israéliens de Ma’on et de l’avant-poste de colons voisin de Havat Ma’on ont procédé à des agressions physiques répétées contre des paysans palestiniens, des militants pacifistes internationaux et des défenseurs des droits humains, dont des membres du personnel d’Amnesty International. La police israélienne n’a pas enquêté sur ces agressions. Les responsables bénéficient de l’impunité.

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