Israël et territoires palestiniens occupés. Le blocus israélien aggrave la crise humanitaire à Gaza

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International exhorte les autorités israéliennes à autoriser immédiatement l’entrée d’aide humanitaire, de médicaments et de carburant dans la bande de Gaza, désormais au bord du gouffre.

Le récent renforcement du blocus israélien s’est traduit par une nette détérioration de la situation humanitaire déjà désastreuse. Il s’agit bel et bien d’une sanction collective imposée à la population civile de Gaza et elle doit cesser immédiatement , a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Même le mince filet d’aide humanitaire que l’armée israélienne consentait jusqu’à présent à laisser entrer sur le territoire, et dont 80 p. cent de la population dépend, est bloqué depuis neuf jours. L’acheminement de matériel médical et du carburant industriel donné par l’Union européenne (UE), nécessaire au fonctionnement des centrales électriques de Gaza, est également interrompu. Par conséquent, une grande partie du territoire se retrouve sans électricité.

Abu Khalil, habitant de la ville de Gaza, a expliqué cette semaine à Amnesty International : Aujourd’hui, je suis allé dans plusieurs boulangeries pour trouver du pain, mais peine perdue. Il n’y a pas d’électricité, il fait noir comme dans un four. Il y a quelques mois, nous avons acheté une cuisinière électrique, parce qu’il est difficile et très coûteux de se procurer du gaz domestique, mais sans électricité, nous ne pouvons plus cuisiner. Nous restons assis à la maison dans le noir. Les enfants ne savent pas quoi faire. Nous ne pouvons rien faire. Jusqu’à quand pourrons-nous vivre ainsi ?

D’après le témoignage d’autres habitants, il est même devenu impossible de trouver des bougies au marché et les rares personnes qui disposent de générateurs chez eux et ont encore du carburant n’osent pas s’en servir, personne ne sachant jusqu’à quand va durer cette coupure générale.

Jeudi 13 novembre, l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), principal organisme d’aide des Nations unies, qui apporte une assistance humanitaire à près d’un million de réfugiés palestiniens à Gaza, a annoncé que ses réserves étaient épuisées. Depuis plusieurs jours, il avait mis en garde contre ce risque.

Parallèlement, les autorités israéliennes interdisent aux journalistes étrangers tout accès à Gaza depuis une semaine. Ce jeudi 13 novembre, un convoi de diplomates européens s’est également vu refuser l’entrée dans le territoire.

Gaza est coupé du reste du monde. Israël ne semble pas disposé à ce que le monde voit les souffrances qu’endurent, en raison de son blocus, un million et demi de Palestiniens pour ainsi dire pris au piège à Gaza , a ajouté Philip Luther.

La rupture la semaine dernière d’un cessez-le-feu observé pendant cinq mois et demi par les forces israéliennes et les militants palestiniens à Gaza s’est traduite par une nouvelle vague de violence. L’homicide de six militants palestiniens, victimes d’une offensive terrestre et de frappes aériennes menées par les forces israéliennes le 4 novembre, a été suivi par un tir de barrage de roquettes palestiniennes sur les villes et villages israéliens voisins. Ces derniers jours, cinq militants palestiniens ont été tués et d’autres blessés par l’armée israélienne. Les tirs de roquettes palestiniens se sont poursuivis. Aucune victime israélienne n’était à déplorer jusqu’à ce 14 novembre 2008, lorsqu’un Israélien a été légèrement blessé par des éclats d’obus dans le cadre d’une attaque visant la ville israélienne de Sderot.

Il faut rapidement mettre fin à cette dangereuse flambée d’attaques et de contre-attaques. L’expérience passée a montré aux deux camps que leurs actions mettent en danger la vie des populations civiles de Gaza et du sud d’Israël , a rappelé Philip Luther.

Au cours du premier semestre 2008, avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 19 juin, quelque 420 Palestiniens avaient été tués par les forces israéliennes, dont la moitié étaient des civils non armés et parmi lesquels figuraient environ 80 enfants. Au cours de la même période, les groupes armés palestiniens avaient tué 24 Israéliens, dont 15 civils et quatre enfants.

Le cessez-le-feu qui a duré cinq mois et demi a apporté un répit plus que bienvenu aux civils qui vivent à Gaza et dans le sud d’Israël et endurent depuis les huit dernières années les attaques quotidiennes qui ont coûté la vie à quelque 4 750 Palestiniens et 1 100 Israéliens. La plupart des victimes dans les deux camps sont des civils non armés, dont des enfants – environ 900 Palestiniens et 120 Israéliens.

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