Israël s’apprête à libérer un détenu palestinien, tandis que les prisonniers entament une grève de la faim collective

La libération attendue du Palestinien Khader Adnan, placé en détention sous la responsabilité d’Israël pendant quatre mois durant lesquels il n’a été ni inculpé ni jugé, coïncide avec une grève de la faim collective qui, affirme Amnesty International, illustre la colère des prisonniers face à la détention administrative et aux conditions de détention.

Khader Adnan, un boulanger de 34 ans entretenant semble-t-il des liens avec le djihad islamique, doit être libéré à la suite d’un accord conclu entre ses avocats et les autorités israéliennes en février, selon lequel il a accepté de mettre un terme à la grève de la faim qu’il menait depuis 66 jours afin de protester contre son placement en détention administrative et les mauvais traitements dont il faisait l’objet.

Il est incarcéré depuis décembre 2011.

Mardi 17 avril, plus d’un millier de prisonniers ont entamé une grève de la faim illimitée afin de commémorer la Journée des prisonniers palestiniens et de protester contre la pratique de la détention administrative, le refus des autorités de laisser leurs proches leur rendre visite et leurs conditions de détention.

« Sans révéler les preuves justifiant son incarcération, les autorités israéliennes ont maintenu Khader Adnan en détention après qu’il ait accepté de mettre un terme à sa grève de la faim, le forçant à languir en détention sans inculpation ni jugement alors que sa vie était en danger », a déploré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Les autorités israéliennes doivent abandonner la pratique de la détention administrative, et faire en sorte que les Palestiniens incarcérés sous leur responsabilité ne soient pas soumis à des mauvais traitements et puissent bénéficier de soins médicaux dignes de ce nom lorsque cela est nécessaire. »

L’action menée par Khader Adnan a inspiré Hana Shalabi, 30 ans, qui a observé une grève de la faim pendant 43 jours afin de protester contre son propre placement en détention administrative et les mauvais traitements auxquels l’avaient soumise les autorités israéliennes.

Le 1er avril, les autorités israéliennes l’ont remise en liberté dans la bande de Gaza en vertu d’un accord conclu avec son avocat, qui représente la Société des prisonniers palestiniens.

Amnesty International continue à craindre que le transfert d’Hana Shalabi dans la bande de Gaza ne soit assimilable à un renvoi forcé ou à une expulsion. Elle ne pourra pas retourner chez elle, en Cisjordanie occupée, avant au moins trois ans.

Entretemps, des dizaines d’autres Palestiniens emprisonnés et placés en détention administrative ont également entamé une grève de la faim ; beaucoup se sont interrompus à la libération d’Hana Shalabi.

Avant l’action de protestation de masse de mardi 17, huit Palestiniens poursuivaient leur grève de la faim dans le but de protester contre leur maintien en détention administrative ; quatre d’entre eux se trouveraient actuellement à l’hôpital de la prison de Ramleh en raison de leur état de santé fragile.

À la connaissance d’Amnesty International, seuls deux détenus – Bilal Diab, 27 ans, et Thaer Halahleh, 34 ans, qui observent tous deux une grève de la faim depuis le 1er mars – ont été examinés par des médecins indépendants, à une seule reprise, à la suite d’une requête déposée par Médecins pour les droits humains-Israël, et aucun n’a pu recevoir la visite d’avocats indépendants ni de sa famille.

« Nous restons très préoccupés par les informations selon lesquelles des détenus n’ont pas été autorisés à se faire examiner par des médecins indépendants, et à l’idée que certains aient semble-t-il été punis à cause de leur décision d’observer une grève de la faim. Des officiers des services carcéraux israéliens les auraient notamment placés à l’isolement, contraints à payer des amendes ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements », a ajouté Ann Harrison.

Les grévistes de la faim palestiniens demandent la fin de la détention à l’isolement et la permission pour tous les prisonniers et détenus de recevoir la visite de leur famille. Depuis juin 2007, ces visites sont interdites pour les détenus originaires de la bande de Gaza, ce qui constitue une atteinte au droit international.

Plus de 320 Palestiniens, dont quelque 24 membres du Conseil législatif palestinien, sont actuellement en détention administrative. Ce chiffre est en augmentation constante depuis quelques mois.

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