Italie. Les Roms victimes de la violence raciste doivent obtenir réparation

Amnesty International condamne l’incendie d’un campement illégal de Roms le 10 décembre 2011 à Turin et demande aux autorités italiennes de veiller à ce que les victimes de cette attaque raciste obtiennent réparation. Les autorités doivent également faire en sorte que les responsables présumés de cet acte de violence à caractère discriminatoire soient rapidement déférés à la justice.

Le 10 décembre, une manifestation organisée par des habitants du quartier Vallette dans la banlieue de Turin, a dégénéré lorsque certains participants ont mis le feu à plusieurs caravanes et cabanes d’un terrain où vivaient des Roms de Roumanie. Cette marche avait été organisée en solidarité avec une jeune fille de 16 ans, qui avait affirmé le 8 décembre à la police avoir été violée par deux Roms de nationalité étrangère. La jeune fille a confié ultérieurement à la police avoir porté de fausses accusations et a présenté des excuses publiques. La veille de la manifestation, des tracts invitant les habitants de cette banlieue à « nettoyer » le quartier où se trouvait le terrain occupé par les Roms avaient été distribués dans le voisinage. D’après les médias, la manifestation a rassemblé quelque 500 personnes, dont une trentaine auraient pris part à l’incendie du campement. Personne n’a été blessé, la police ayant procédé à l’évacuation du quartier avant le début de la marche.

Cet acte de violence à caractère discriminatoire intervient alors que des représentants des pouvoirs publics contribuent depuis plusieurs années à instaurer un climat d’intolérance envers les Roms en établissant publiquement des liens sans fondement entre ces populations et la montée de la criminalité et de l’insécurité. Au nom de la sécurité, les autorités italiennes ont mis en place ces dernières années des initiatives qui ont aggravé les discriminations à l’égard des Roms, dont les mesures adoptées au titre de l’état d’urgence instauré en 2008 et déclaré illégal en novembre 2011 (décret « Urgence Nomades »).

Amnesty International salue le fait que les autorités locales et nationales aient condamné publiquement ces violences, tout en insistant sur la nécessité que ces paroles soient suivies d’effet. Aux termes des obligations internationales de l’Italie en matière de droits humains, les autorités doivent prendre des mesures efficaces pour remédier à toutes les formes de discrimination et en particulier aux violences fondées sur l’appartenance raciale ou ethnique. Elles doivent en outre veiller à ce que toute motivation raciste soit démasquée, et à ce que les responsables de violences à caractère raciste fassent l’objet de poursuites pénales et de sanctions reflétant la gravité des violations des droits humains commises.

Voir le document Italie. ‘Zero tolerance for Roma’ : Forced expulsion and discrimination against Roma in Milan (index AI : EUR 30/020/2011).

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