COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Jamaïque. Les membres de bandes armées violentes auteurs d’homicides doivent être jugés AILRC-FR

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AILRC-FR

23 mai 2011

Les autorités jamaïcaines doivent traduire en justice les responsables d’atteintes aux droits humains, notamment les responsables de la mort de 74 personnes, tuées pendant la période de l’état d’urgence imposé il y a un an, lors d’une opération visant à arrêter le chef présumé d’une bande armée criminelle à Kingston, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public le 23 mai.

Malgré quelques mesures positives, les autorités n’ont engagé aucune poursuite contre les auteurs du massacre perpétré lors de l’opération dont le but était de procéder à l’arrestation de Christopher Coke, qui a finalement été expulsé vers les États-Unis où il doit répondre de trafic d’armes et de drogue.


« Une commission d’enquête indépendante doit être créée afin de s’assurer qu’aucune atteinte aux droits humains commise à Tivoli l’an passé ne restera impunie, contrairement à ce qui s’est trop souvent passé en Jamaïque »
, a déclaré Chiara Liguori, spécialiste de la Jamaïque à Amnesty International.

Le 24 mai 2010, des soldats et des policiers jamaïcains ont lancé une opération conjointe dans le quartier des Tivoli Gardens, dans l’ouest de Kingston, dans le but d’arrêter Christopher Coke et de rétablir l’ordre dans le secteur.

Au cours de l’opération qui a duré deux jours, 74 personnes au moins ont été tuées, parmi lesquelles un membre de la Force de défense jamaïcaine et 54 autres personnes au moins ont été blessées, parmi lesquelles 28 membres des forces de sécurité.

Au cours des deux mois qui ont suivi l’instauration de l’état d’urgence, plus de 4000 personnes, certaines d’entre elles mineures, ont été placées en détention, la plupart sans être inculpées. Deux personnes, qui auraient été placées en garde à vue., n’ont toujours pas reparues.

Les enquêtes ouvertes par les autorités sur les homicides perpétrés n’ont encore permis d’établir ni les faits ni les responsabilités. Selon les informations recueillies par les experts juridiques d’Amnesty International, des failles au stade initial des enquêtes pourraient avoir compromis les résultats.

Parmi les failles relevées au stade initial de l’enquête, on peur citer l’absence de protection des scènes de crime et le non-retrait de service des armes à feu utilisées au cours des affrontements pour des examens balistiques.

En outre, l’organisation a constaté un manque général de moyens accordés aux enquêtes, notamment au niveau du département de médecine légale du ministère de la sécurité nationale qui n’emploie que deux médecins légistes.

« L’absence d’enquêtes effectives dans des affaires de violations des droits humains n’est pas un fait nouveau », a déclaré Chiara Liguori. « La réalité est que depuis beaucoup trop longtemps, les quartiers défavorisés des centres urbains sont pris en étau entre les bandes criminelles qui s’adonnent au trafic de drogue et un État qui a choisi de les ignorer. »

Amnesty International a fait plus de 50 recommandations aux autorités jamaïcaines et soutient les appels lancés localement en faveur de la création d’une commission qui aurait pleins pouvoirs pour enquêter sur les atteintes aux droits humains commises pendant l’état d’urgence.

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