Communiqué de presse

Journée mondiale de l’eau — Israël prive les Palestiniens d’eau

A la veille de la Journée mondiale de l’eau, Amnesty International attire l’attention sur les graves problèmes d’approvisionnement en eau auxquels font face les populations palestiniennes de Cisjordanie victimes de la gestion discriminatoire de ces ressources par les autorités israéliennes. Amnesty exhorte ces dernières à mettre en œuvre des mesures pour supprimer les obstacles entravant l’accès des populations à cette ressource vitale.

« La journée mondiale de l’eau est l’occasion pour Amnesty International de pointer les graves dysfonctionnements dans la gestion de cette ressource essentielle par l’Etat israélien dans les Territoires occupés. Les communautés palestiniennes ont à souffrir d’une politique profondément inégalitaire, ce qui représente pour elles un grave problème tant économique que sanitaire », déclare Philippe Hensmans, directeur de la section francophone belge d’Amnesty International.

L’état israélien, par le biais de la compagnie nationale des eaux, Mekorot, est propriétaire de tous les systèmes d’approvisionnement en eau de Cisjordanie et fournit environ 50% de l’eau destinée aux communautés palestiniennes. En raison des sévères restrictions et du caractère limité du réseau, de nombreux Palestiniens sont contraints d’acheter de l’eau livrée par camions-citernes pour un coût qui représenterait au moins huit fois le prix payé par les colons.

L’eau consommée en Israël provient d’une part du Jourdain et d’autre part des zones montagneuses. Or, les communautés palestiniennes se voient refuser l’accès aux rives du fleuve. Par ailleurs, une grande partie de l’eau disponible aurait été initialement extraite de sources palestiniennes. En outre, il est avéré que dans de nombreux cas, des colons ont pris possession des ressources en eau palestiniennes, en recourant à la violence, à des menaces et à l’intimidation.

Les colons israéliens consomment 369 litres en moyenne par personne et par jour pour leur usage domestique, tandis que les Palestiniens n’ont accès qu’à
70 litres par personne et par jour. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’accès optimal est d’au moins 100 litres par personne et par jour et au moins 50 litres sont nécessaires pour répondre aux besoins les plus fondamentaux et limiter les préoccupations d’ordre sanitaire.

L’exemple de Nabi Saleh
Le village de Nabi Saleh, situé à 20 kilomètres au nord-ouest de Ramallah, est confronté à de graves problèmes d’approvisionnement en eau.

Depuis près de six ans, les villageois organisent des manifestations pacifiques hebdomadaires contre l’occupation militaire israélienne et la colonie illégale de Halamish, qui occupe la majeure partie de leurs terres agricoles.

Les manifestations hebdomadaires ont commencé lorsque, en 2009, les colons de Halamish ont pris le contrôle de la source Al-Qaws, située sur des terres appartenant à des agriculteurs palestiniens. Par ailleurs, les colons ont créé un site touristique autour de cette source et ont commencé à construire illégalement des structures dans la région. Au cours de ce processus, ils ont détruit des biens palestiniens, y compris des oliviers, lesquels constituent une partie des moyens de subsistance de la communauté villageoise.

Alors même que les colons poursuivent les constructions et utilisent l’eau de la source, il demeure actuellement interdit aux Palestiniens d’y accéder et les autorités militaires ont recours à la force pour empêcher les manifestations.

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