Justice pour les victimes des crimes de guerre commis pendant le conflit de gaza

Le 8 juillet 2014, Israël a lancé une offensive militaire contre la bande de Gaza pour la troisième fois en moins de six ans. En 50 jours, les forces israéliennes comme les groupes armés palestiniens ont commis des crimes de guerre et d’autres graves atteintes au droit international. À ce jour, aucun des deux camps n’a eu à répondre de ces actes.

Durant le conflit, les forces israéliennes ont tiré des dizaines de milliers d’obus de char et d’artillerie sur des zones résidentielles densément peuplées, et lancé des frappes aériennes sur des habitations de la bande de Gaza, tuant les familles qui y résidaient dans de nombreux cas. Elles ont visé des écoles où s’étaient réfugiés des civils, et attaqué des hôpitaux et des professionnels de la santé, notamment des ambulanciers qui essayaient d’évacuer des morts et des blessés.
De l’autre côté, des groupes armés palestiniens ont tiré des milliers de roquettes et d’obus de mortier vers Israël, et ont par ailleurs stocké des munitions dans des zones résidentielles de Gaza et lancé des attaques depuis celles-ci. Les forces du Hamas ont exécuté au moins 23 Gazaouis qu’elles avaient accusés de « collaboration » avec Israël, et en ont arrêté et torturé d’autres.
Aujourd’hui, nous demandons aux autorités israéliennes et palestiniennes de mener de véritables enquêtes sur tous les crimes possibles et de poursuivre les responsables présumés.

50 jours de mort et de destruction à Gaza : retour sur le déroulement des événements

Nous avons travaillé avec Forensic Architecture pour créer une carte et base de données interactive en ligne des attaques israéliennes sur Gaza dans le cadre du conflit. En s’appuyant sur des données collectées par Al Mezan et le Centre palestinien pour les droits humains, ainsi que sur des témoignages recueillis par Amnesty International, la Plateforme Gaza discerne dans les attaques israéliennes des pratiques systématiques indiquant qu’il est probable que des crimes de guerre ont été commis.

Twittez maintenant !

Les éléments de preuve sont accablants. Nous ne pouvons attendre que de nouvelles violences détruisent d’autres vies - il faut agir maintenant. Envoyez aux trois politiciens influents ci-après les tweets suggérés, afin de maintenir la pression.

@JohnKerry Les États-Unis doivent demander à Israël & à l’autorité palestinienne de mener des enquêtes sur les crimes de guerres #50Days4Gaza

@PHammondMP le Royaume-uni doit demander à Israël & à l’autorité palestinienne de mener des enquêtes sur les crimes de guerre #50Days4Gaza

@HonRobNicholson le Canada doit demander à Israël & à l’autorité palestinienne de mener des enquêtes sur les crimes de guerre #50Days4Gaza

Logements et professionnels de santé pris pour cible

Les éléments de preuve semblent indiquer que l’armée israélienne a pris des domiciles familiaux pour cible de manière délibérée. Les forces israéliennes ont continué à viser des habitations tout au long de la guerre, même après qu’il a été établi que de nombreux civils avaient été tués. En 50 jours, plus de 19 000 logements ont été détruits ou endommagés de manière irréversible.
Un exemple est la famille Abu Jame, dont le logement sur trois étages à Bani Suheila, à l’est de Khan Younis, a été bombardé sans avertissement par un aéronef israélien le 20 juillet 2014, tuant 25 membres de cette famille. « Notre maison n’avait rien à voir avec les combats », nous a déclaré Tawfiq Abu Jame. « Pas un membre de la famille n’a été impliqué dans la résistance, ni à ce moment-là, ni à aucun autre. »

Les attaques contre les professionnels de santé et établissements médicaux relevaient également de pratiques bien établies. Dans certains cas, l’armée israélienne a tiré sur des ambulances clairement identifiables et sur des secouristes portant des gilets fluorescents reconnaissables.

L’auxiliaire médical Mohammad al Abadlah a été tué par des tirs israéliens alors qu’il tentait de secourir un homme blessé le 25 juillet 2014 à Al Qarara. « Soudain on nous a tiré directement dessus », nous a dit son collègue Hassan al Attal. « Mon collègue a crié et dit “J’ai été touché” [...] Quand des collègues sont sortis pour essayer d’aller jusqu’à lui, ils se sont également fait tirer dessus. »

Les autorités ont-elles véritablement enquêté sur ces crimes ?

Au cours de l’année écoulée, les autorités israéliennes et palestiniennes n’ont mené que des enquêtes limitées, qui n’ont été ni indépendantes ni efficaces.
Les autorités du Hamas ont déclaré qu’elles enquêtaient sur les homicides de « collaborateurs » présumés à Gaza. L’armée israélienne examine actuellement certains des crimes qu’auraient perpétrés ses forces, mais par le passé ce type d’enquêtes n’a servi qu’à protéger les responsables.
Dans les deux cas, les autorités affirment enquêter sur leurs propres crimes présumés, en suivant des procédures qui manquent de crédibilité.
À l’heure actuelle, le procureur de la Cour pénale internationale, qui enquête sur les crimes de guerre et ouvre des poursuites quand les gouvernements se montrent réticents, envisage d’ouvrir une enquête complète sur les crimes de guerre commis par les deux camps. Nous avons désormais la possibilité d’avancer vers la traduction en justice des responsables présumés.

Justice pour les victimes des crimes de guerre

À la fin du mois de juin, une commission d’enquête indépendante sur ce conflit, diligentée par les Nations unies, a déterminé qu’Israël et les groupes armés palestiniens avaient commis des actes pouvant constituer des crimes de guerre, confirmant des informations précédemment fournies par des organisations locales et internationales de défense des droits humains. Cela a été une étape importante dans le combat en faveur de la justice. Nous devons cependant maintenir la pression afin que les changements se concrétisent et que les recommandations de la commission d’enquête soient suivies d’actes. Jusqu’à présent, certains gouvernements influents - en particulier les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada - ont bloqué des initiatives susceptibles de pousser Israël et la Palestine à agir.

Mais aujourd’hui, ces États ont le pouvoir d’aider à garantir qu’Israël et les autorités palestiniennes :
 enquêtent véritablement sur les crimes de guerre et autres atteintes graves au droit international
 poursuivent les responsables présumés dans le cadre de procès équitables
 coopèrent pleinement avec la Cour pénale internationale.

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