KENYA : La tension monte à l’approche des élections - Des partisans de tous bords se livrent à des actes de violence politique

Index AI : AFR 32/029/02

Quatre jours avant que les Kenyans ne se rendent aux urnes, une mission d’Amnesty International présente sur place signale des tensions et des manœuvres d’intimidation un peu partout dans le pays, ainsi que de violents incidents impliquant des partisans de toutes les grandes formations politiques. Amnesty International se trouve au Kenya en mission d’observation, pendant toute la période électorale.

« La violence ne concerne aucun parti en particulier, a déclaré Amnesty International. Des agressions sont commises contre des candidats et des partisans de tous les bords, assaillis à coups de bâton, de pierre ou même d’épée. Dans un cas, dans la ville de Mount Elgon, un pistolet et deux fusils d’assaut automatiques ont été utilisés. Des incendies criminels ont fait des victimes, ainsi que des dégâts matériels. »

La violence est généralisée, même si elle est moins intense que lors des deux précédentes consultations pluripartites.

Le 11 décembre 2002, à Langata, un arrondissement de Nairobi, quelque 200 femmes venues entendre l’allocution d’un candidat de la Kenya African National Union (KANU, Union nationale africaine du Kenya) ont été violemment agressées et dispersées par une bande de jeunes sympathisants de l’opposition. Le 18 décembre, plusieurs partisans de la National Alliance Rainbow Coalition (NARC, Coalition arc-en-ciel d’alliance nationale), formation d’opposition, ont été blessés par des jets de pierres, à Ziwa, dans le district de Wasin’gishu. Leurs agresseurs seraient des partisans de la KANU. Cinq personnes ont dû être soignées à l’hôpital d’Eldoret.

Le 8 décembre 2002, 24 logements ont été incendiés à Kwanza, à la limite entre les régions du Trans Nzoia et du West Pokot. Dans la province de Nairobi, la milice Mungiki a attaqué Karia, un village de l’arrondissement de Githunguri, tuant deux personnes et contraignant de nombreux habitants à prendre la fuite. Une hutte a été incendiée à Mumias (Eldoret), dans la nuit du 16 décembre. Une famille de trois personnes a péri dans l’incendie. L’incendie criminel de deux maisons appartenant à un candidat de la KANU, dans le district de Nyeri, a fait sept morts, tous membres de la même famille.

« Dans ce climat d’intimidation et de violence, qui entraîne dans certains cas des déplacements de personnes, certains secteurs de la population risquent de ne pas être en mesure d’exercer leur droit à la liberté d’expression et de participation à la vie politique le jour du scrutin », a déploré Amnesty International.

« En outre, tout en nous félicitant du rôle plus actif joué par la Commission électorale nationale du Kenya vis-à-vis des candidats et des partis impliqués dans des violences lors de la campagne, nous insistons sur le fait que son action ne peut aucunement se substituer à celle des enquêteurs de la police et à celle de la justice, qui doit poursuivre les responsables, a indiqué Amnesty International. Bien que, dans certaines régions, la police ait pris des mesures et ait procédé à des arrestations de suspects, il faut que cela soit plus systématique, dans l’ensemble du pays. »

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