KENYA. Plus de 50 000 personnes risquent d’être expulsées de force à tout moment

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI- 15 avril 2010

Le gouvernement du Kenya doit stopper l’opération d’expulsion concernant plus de 50 000 personnes qui vivent le long des voies ferrées au Kenya, jusqu’à ce qu’il adopte des lignes directrices conformes aux normes internationales relatives aux droits humains, a déclaré Amnesty International ce jeudi 15 avril 2010.

Le 21 mars, la société de chemin de fer Kenya Railways a publié un avis donnant aux habitants un délai de 30 jours pour retirer leurs structures et partir, ou s’exposer à des poursuites en justice. La plupart des personnes concernées sont des habitants des bidonvilles de quartiers de Nairobi.

« Ces personnes vivent et travaillent sur ces terres depuis des années et un préavis de 30 jours est tout simplement incongru, a indiqué Justus Nyang’aya, directeur de la section kenyane d’Amnesty International. S’il ne s’appuie pas sur les garanties nécessaires, le projet d’expulsions massives aura un effet dévastateur sur l’accès à l’eau, aux installations sanitaires, à la nourriture et aux écoles, et pourrait bien engendrer une situation d’urgence humanitaire.

«  Cela se traduira par des expulsions forcées, en violation des obligations qui incombent au Kenya au titre du droit international relatif aux droits humains. »

S’il est admis que le gouvernement prend des mesures importantes afin de moderniser le réseau ferroviaire, pour les dizaines de milliers de personnes qui vivent dans les zones concernées, la démolition des habitations et des commerces informels sera un désastre social et économique.

À ce jour, aucun plan global de relogement et d’indemnisation n’a été annoncé et le gouvernement ne semble avoir pris aucune disposition pour ceux qui perdront leurs habitations, leurs moyens de subsistance, leurs biens et leurs réseaux sociaux en raison de ce projet.

Aux termes du droit international relatif aux droits humains, les expulsions ne doivent être pratiquées qu’en dernier ressort et seulement après examen de toutes les alternatives possibles, en réelle consultation avec les populations touchées.

Les gouvernements doivent également veiller à ce que personne ne se retrouve sans domicile ou exposé à d’autres atteintes aux droits humains à la suite d’une expulsion.

« Le gouvernement kenyan ne tient pas ses promesses d’élaborer des lignes directrices conformes au droit international relatif aux droits humains en matière d’expulsions et, tant qu’il ne l’a pas fait, il doit renoncer à toutes les expulsions massives de cette nature, a affirmé Justus Nyang’aya. Il est inacceptable de faire courir à 50 000 citoyens parmi les plus démunis et les plus vulnérables le risque de se retrouver à la rue. »

En tant qu’État partie au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), le gouvernement kenyan est légalement tenu de respecter, protéger et assurer la réalisation du droit à un logement suffisant, qui englobe l’interdiction des expulsions forcées, comme l’énonce l’article 11 (1).

Le gouvernement kenyan s’est engagé auprès de divers organismes internationaux à adopter des lignes directrices nationales en matière d’expulsion qui intégreront des garanties et le respect de la légalité. À ce jour, il n’a pas honoré son engagement.

Dans le cadre de la campagne Exigeons la dignité qu’elle a lancée en mai 2009, Amnesty International demande aux gouvernements au niveau mondial de prendre toutes les mesures nécessaires, notamment en adoptant des lois et des politiques conformes au droit international relatif aux droits humains, afin d’interdire et d’empêcher les expulsions forcées.

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