Kirghizistan. Amnesty International demande instamment au Kirghizistan de mener dans les meilleurs délais des enquêtes sur toutes les plaintes faisant état d’actes de torture ou de mauvais traitements, de créer un système indépendant chargé de la surveillance de tous les centres de détention et de protéger les défenseurs des droits humains Le document final de l’Examen périodique universel du Kirghizistan a été adopté par le Conseil des droits de l’homme

Déclaration publique

Index AI : EUR 58/016/2010 - ÉFAI

29 septembre 2010

Selon des informations concordantes et crédibles, lors des violents évènements de juin 2010 visant les personnes d’origine ouzbèke dans le sud du Kirghizistan qui ont contraint des milliers de personnes à fuir, les forces de sécurité n’auraient pas réussi à empêcher ou auraient été complices d’atteintes aux droits humains. En outre, au cours des opérations de perquisition qui ont suivi, des responsables des forces de sécurité auraient procédé à des arrestations arbitraires, soumis des détenus à la torture ou à d’autres mauvais traitements, leur refusant la possibilité de consulter un médecin ou de s’entretenir en privé avec leur avocat. Amnesty International est particulièrement préoccupée par les informations qui continuent de lui parvenir, selon lesquelles les autorités auraient tenté de faire obstruction au travail légitime des défenseurs des droits humains, avocats et autres acteurs de la société civile cherchant à recueillir des témoignages ou à réagir d’une manière ou d’une autres aux évènements de juin. Beaucoup d’entre eux ont fait l’objet de menaces, ont été frappés, placés en détention arbitraire, soumis à des actes de torture ou autres mauvais traitements. Certains risquent à présent de longues peines d’emprisonnement dans des conditions très dures à l’issue de procès manifestement inéquitables.

Au vu de ces graves préoccupations, Amnesty International salue le soutien déclaré du Kirghizistan aux recommandations qui lui ont été faites par les autres États, au cours de son examen périodique universel, concernant la condamnation du recours à la torture et aux mauvais traitements, le renforcement des mesures de protection contre la torture, y compris par la mise en place d’un système indépendant chargé de la surveillance de tous les centres de détention, l’ouverture dans les meilleurs délais d’enquêtes impartiales et approfondies sur toutes les allégations de torture, la responsabilisation des auteurs d’atteintes aux droits humains et la garantie que tous les défenseurs des droits humains, journalistes et militants de la société civile puissent agir sans avoir à craindre d’actes d’intimidation ou de harcèlement, d’arrestation, d’actes de torture ou autres mauvais traitements (A/HRC/15/2, paragraphes 76.50, 76.51, 76.52, 76.53, 76.54, 76.55, 76.57, 76.71, 76.74 et 76.81). Amnesty International salue la déclaration du gouvernement qui s’est engagé devant le groupe de travail sur l’examen périodique universel à ce que la protection des droits humains reste au cœur de son action. (A/HRC/15/2, paragraphe 75). L’organisation demande instamment au gouvernement d’honorer cet engagement et d’appliquer immédiatement les recommandations ci-dessus.

Amnesty International salue également l’invitation à se rendre au Kirghizistan adressée au rapporteur spécial sur la torture, annoncée au cours de la 15ème session du Conseil des droits de l’homme et l’engagement pris par ce pays d’adresser une invitation permanente à toutes les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme après les élections législatives prévues le 10 octobre 2010. Ce serait là un signe favorable que le Kirghizistan est prêt à coopérer pleinement avec les Nations unies et soulignerait son engagement à garantir la protection des droits humains et l’obligation de rendre des comptes en cas de violation de ces droits (A/HRC/15/2, paragraphes 77.22, 77.23, 77.24, 77.26, 77.27, 77.28, 77.29 et 77.30).

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