Communiqué de presse

Kosovo. Amnesty International condamne une attaque contre la liberté d’expression

Amnesty International condamne l’attaque menée contre un événement organisé le 14 décembre par le magazine Kosovo 2.0 à Priština. L’organisation appelle les autorités à mener dans les meilleurs délais une enquête exhaustive et impartiale qui prenne bien en compte tout motif haineux qui pourrait être à l’origine de cette attaque.

L’événement, violemment perturbé par un groupe organisé d’une vingtaine de jeunes hommes, avait été organisé pour le lancement d’un numéro du magazine dédié à l’étude de l’hétérosexualité et de l’homosexualité dans les Balkans occidentaux.

Amnesty International considère ces faits comme une attaque contre la liberté d’expression et la liberté de la presse et appelle les autorités kosovares à prendre de solides mesures contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Les pouvoirs publics doivent veiller à ce que chaque personne, sans discrimination aucune, y compris fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, puisse jouir de ses droits à la liberté d’expression, à l’intégrité physique et à ne pas subir de mauvais traitement ou de traitement dégradant. Les autorités doivent non seulement s’abstenir de bafouer ces droits mais elles doivent également faire preuve de la diligence requise pour les protéger de toute ingérence de la part de tiers, qu’il s’agisse ou non de représentants de l’État.

Selon les médias du pays, avant l’événement, de nombreux imams kosovars auraient prononcé de violents discours homophobes, réclamé son interdiction et encouragé l’usage de la violence contre les organisateurs. D’après l’Association des journalistes du Kosovo, un imam aurait participé à l’attaque.

Le rédacteur en chef de Kosovo 2.0 a informé la police des menaces et des lettres d’insultes relatives à l’événement, que le magazine a reçues tout au long de la journée de la part d’un groupe de supporters de football, Plisat, lié à l’extrême droite. L’une des personnes ayant participé à l’événement, féministe en vue, a également signalé avoir reçu des appels et des messages de menaces.

La police a commencé par envoyer quelques agents sur les lieux de l’événement, à Priština.

Cependant, vers 18 heures, un groupe d’une vingtaine d’hommes a pénétré de force dans le bâtiment et démoli les installations et tout l’équipement en scandant « Dieu est grand » et « Dehors les pédérastes ». Un membre du personnel du magazine a reçu des coups. Une partie des faits a été filmée et l’on peut clairement voir un certain nombre d’individus prenant part à des activités délictueuses.

Malgré ces actes de violence, l’événement s’est poursuivi comme prévu et au moins 200 personnes y ont assisté, dont de nombreux éminents journalistes, responsables locaux et membres de la communauté LGBTI du Kosovo et des Balkans.

Une fête devait débuter vers 23 heures, après le lancement, mais une centaine d’hommes se sont rassemblés devant la salle environ une demi-heure avant, criant des slogans et menaçant de commettre des actes de violence. Les autorités ont envoyé une unité spéciale de la police mais les organisateurs ont tout de même décidé d’abandonner l’événement. Le personnel et les invités ont été évacués par la police en petits groupes afin de ne pas provoquer les hommes rassemblés dehors.

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