L’accord du Benelux expose les Roms au risque d’être victimes de persécutions au Kosovo

13 mai 2011

L’accord signé par les États du Benelux visant à mettre en œuvre l’expulsion de Roms et d’autres membres de communautés minoritaires au Kosovo, où ils risquent d’être victimes de graves atteintes aux droits humains, doit être annulé, a déclaré Amnesty International vendredi 13 mai.

Cet accord, signé par la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, expose les Roms au risque d’être renvoyés de force au Kosovo, où le taux de chômage s’élève à 97 % et où l’accès aux soins médicaux élémentaires et à l’éducation est limité.

« Jusqu’à présent, le Kosovo n’a montré aucune volonté d’assurer la réelle réintégration au sein de la société des membres de communautés minoritaires qui sont renvoyés de force, a indiqué Sian Jones, chercheur sur les Balkans à Amnesty International.


« Tant que des mesures concrètes ne sont pas prises pour remédier à la lourde discrimination que subissent les Roms au Kosovo, ils risquent d’y être victimes de persécution. Les autorités belges, néerlandaises et luxembourgeoises doivent immédiatement mettre un terme à ces rapatriements. »

Le Kosovo a adopté en 2010 une stratégie d’aide à la réintégration des personnes rapatriées. Toutefois, nombre des mesures visant à leur réintégration, notamment en leur permettant d’avoir accès à l’éducation et aux soins médicaux, ne sont pas encore mises en place, ce qui rend le retour des Roms intenable.

Au moins 196 personnes issues de communautés minoritaires ont déjà été renvoyées de force au Kosovo en 2011, dont 62 Roms et 120 Ashkalis et « Égyptiens », ainsi que des Serbes et des Kosovars (Albanais du Kosovo), dans des régions où ils sont minoritaires.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a recensé ces groupes comme étant éligibles à une protection internationale durable, car ils risquent de subir des persécutions ou d’autres préjudices graves au Kosovo, notamment des traitements discriminatoires.

Peu d’entre eux bénéficient d’une aide à leur retour au Kosovo, si bien que beaucoup rencontrent également des difficultés pour accéder à l’éducation, aux soins de santé, au logement et aux prestations sociales.

En l’absence d’aide, environ 50 % des personnes renvoyées de force repartent du Kosovo, selon des ONG roms et des organisations internationales qui travaillent dans la région.

La discrimination envers les Roms, aggravée par l’impression qu’ils sont associés aux Serbes du Kosovo, est répandue et systématique dans cette province.

« Tant que les autorités ne seront pas disposées à garantir les droits fondamentaux des Roms et des membres des autres communautés minoritaires, ils rentreront au Kosovo pour être confrontés à une discrimination systématique, a expliqué Sian Jones.

« Dans un avenir proche, ils sont en droit d’attendre de la communauté internationale qu’elle continue à assurer la protection dont ils ont besoin. »

Le travail d’Amnesty International sur les Roms s’inscrit dans le cadre de sa campagne mondiale Exigeons la dignité, qui vise à mettre fin aux atteintes aux droits humains qui font sombrer les gens dans la pauvreté et les y maintiennent. Cette campagne mobilise des personnes dans le monde entier pour demander que les gouvernements, les grandes entreprises et les autres détenteurs du pouvoir écoutent la voix de ceux qui vivent dans la pauvreté et reconnaissent leurs droits pour mieux les protéger. Pour en savoir plus, rendez-vous sur les pages du site Exigeons la dignité.

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