Communiqué de presse

L’Arabie saoudite doit enquêter sur la mort d’un manifestant chiite

Les autorités saoudiennes doivent diligenter une enquête indépendante sur la mort d’un manifestant chiite tué lors d’une manifestation dans la province de l’Est.

Issam Muhammad Ali Abu Abdullah, 22 ans, a été abattu lors d’une manifestation dans la soirée du 12 janvier, dans la ville d’Awwamiya. Trois autres personnes auraient été blessées.

Le ministre de l’Intérieur a déclaré que sa mort était survenue lors d’un échange de coups de feu entre les forces de sécurité et des personnes qui leur avaient également lancé des cocktails Molotov. Des sources locales ont affirmé à Amnesty International qu’il avait succombé à de multiples blessures par balles tirées par les forces de sécurité.

Le rassemblement du 12 janvier avait été mis sur pied pour demander aux autorités de libérer les prisonniers politiques et de mettre fin à la discrimination dont pâtit la minorité chiite dans le royaume.

« Issam Mohammad Ali Abu Abdullah compte parmi plusieurs manifestants morts de manière troublante en Arabie saoudite ces derniers mois, a indiqué Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Il est d’autant plus nécessaire d’ouvrir sans délai une enquête indépendante sur sa mort que les investigations annoncées sur les précédents décès de manifestants survenus dans des circonstances similaires n’ont semble-t-il pas abouti. »

En novembre 2011, quatre membres de la minorité chiite ont été tués par les forces de sécurité dans le cadre de trois événements distincts dans la région d’al Qatif, dont trois pendant des manifestations.

Certaines sources ont confié à Amnesty International que la police antiémeutes avait ouvert le feu sur les manifestants – dont certains avaient des armes à feu. Le ministère saoudien de l’Intérieur a pour sa part affirmé que les forces de sécurité avaient essuyé les tirs d’« agresseurs ».

Les autorités avaient promis de mener des enquêtes, mais il semble qu’elles n’aient rien fait.

La famille d’Issam Abu Abdullah réclame une enquête indépendante sur sa mort.

Les manifestations sont interdites dans le royaume. Depuis le mois de février 2011, lorsque des manifestations sporadiques ont débuté, le gouvernement saoudien a imposé un tour de vis et a notamment arrêté des centaines de personnes, pour la plupart des musulmans chiites, dans la province de l’Est en proie à des troubles.

Plus de 300 personnes ayant pris part à des manifestations majoritairement pacifiques à al Qatif, al Ahsa et Awwamiya ont été arrêtées, pendant les rassemblements ou peu après. La plupart d’entre elles ont été libérées, souvent après s’être engagées sous la contrainte à ne plus manifester.

Dans un rapport qu’elle a publié récemment sous le titre Saudi Arabia : Repression in the name of security, Amnesty International a rendu compte de la nouvelle vague de répression qui déferle sur le royaume, les autorités sévissant contre les manifestants et les réformistes sous couvert de raisons sécuritaires.

Dans ce document, elle révèle que des centaines de personnes ont été arrêtées pour avoir manifesté, tandis que le gouvernement élabore une loi antiterroriste qui, dans les faits, érigerait en infraction la dissidence en tant que « crime terroriste » et affaiblirait davantage encore les droits des personnes accusées de tels crimes.

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