Communiqué de presse

L’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée doivent respecter le droit de manifester des demandeurs d’asile

Amnesty International appelle les pouvoirs publics australiens et papouans-néo-guinéens à protéger les droits et à garantir le bien-être des demandeurs d’asile qui protestent actuellement contre leur détention au centre de Manus.

Grèves de la faim

« Les autorités doivent, autant que faire se peut, veiller à la santé, au bien-être et à la sécurité des protestataires, et respecter leur droit de manifester pacifiquement, y compris lorsqu’ils observent des grèves de la faim », a déclaré Graeme McGregor, coordonnateur de la campagne en faveur des réfugiés.

« Les agents de sécurité et les policiers doivent faire en sorte que leur intervention soit limitée et proportionnée aux circonstances. »

L’appel lancé par Amnesty International intervient après que des médias ont signalé que, dans la nuit du 16 janvier, des agents de sécurité étaient entrés dans les bâtiments de vie des demandeurs d’asile qui observaient une grève de la faim pour protester contre la durée et les conditions de leur détention, ainsi que contre le projet d’installer les réfugiés reconnus dans des logements qu’ils jugeaient dangereux.

Conditions de vie au centre

Nombre des hommes concernés sont privés de liberté depuis août 2003. Amnesty International a visité le centre de détention en question et a constaté que certains éléments n’étaient pas conformes à la Convention des Nations unies contre la torture.

L’État australien n’a apporté aucune preuve que ces conditions s’étaient améliorées. Amnesty International a conclu que le centre visait à faire pression sur les demandeurs d’asile afin qu’ils repartent, même s’ils risquent d’être victimes de persécutions dans le pays qu’ils ont fui.

Reza Berati

Les troubles actuels font suite aux violences qui ont éclaté en février 2014. Des agents de sécurité et des policiers étaient alors entrés dans les bâtiments de vie et avaient agressé les détenus au moyen de bâtons, de machettes et de pistolets.

Reza Berati, un Iranien âgé de 24 ans, avait été tué et au moins 62 autres détenus avaient été blessés.

Il n’a été procédé qu’à deux arrestations dans cette affaire d’homicide et aucune poursuite n’a été engagée.

Depuis lors, des demandeurs d’asile ont signalé à Amnesty International qu’ils continuaient de recevoir des menaces de la part de membres du personnel local et des habitants des environs.

Des détenus ont aussi fait part de leurs craintes quant aux risques auxquels ils pensent être exposés s’ils sont intégrés à la population locale après la reconnaissance de leur statut de réfugié.

Droit de manifester pacifiquement

Bien qu’elles prévoient de fournir un hébergement temporaire hors du centre de détention aux réfugiés reconnus et de leur permettre une certaine liberté de mouvement, les autorités australiennes et papouanes-néo-guinéennes n’ont fait part d’aucune mesure visant à protéger les réfugiés de la violence, ou à apaiser les tensions entre les détenus et la population locale.

L’État australien, qui a le contrôle effectif du centre de détention, est tenu légalement de veiller à la santé et au bien-être des demandeurs d’asile et des réfugiés qu’il détient sur Manus.

Amnesty International appelle donc les pouvoirs publics australiens : à respecter le droit des détenus de manifester pacifiquement ; à veiller au bien-être et à la sécurité des demandeurs d’asile et des réfugiés qu’ils détiennent ; à faire en sorte que justice soit rendue à Reza Berati et à prendre de véritables mesures pour protéger la santé, le bien-être et les droits des réfugiés reconnus qui bénéficieront d’un hébergement temporaire au sein de la population locale.

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