L’Idaho doit s’abstenir de procéder à une exécution, la première depuis 17 ans

L’Idaho doit annuler une exécution, qui serait la première depuis 17 ans dans cet État américain, a exhorté Amnesty International alors qu’un condamné à mort doit être exécuté vendredi 18 novembre.

Paul Rhoades, 54 ans, doit être mis à mort par injection létale le 18 novembre ; il s’agira de la première exécution dans l’État de l’Idaho depuis 1994, et de la deuxième seulement en plus d’un demi-siècle.

« L’exécution de Paul Rhoades est imminente, alors que de nombreux États américains remettent en cause la peine de mort et qu’une nette majorité de pays dans le monde ont renoncé aux exécutions  », a indiqué Rob Freer, chargé des recherches sur les États-Unis au sein d’Amnesty International.

Paul Rhoades a passé près de 25 années dans le couloir de la mort. Il a été arrêté le 25 mars 1987 et inculpé de trois meurtres distincts commis le mois précédent. Un an plus tard, il a été condamné à la peine capitale.

Le Comité des grâces et des libérations conditionnelles de l’Idaho a refusé d’examiner le recours en grâce de Paul Rhoades.

Il avait déposé un recours en grâce et demandait la commutation de sa peine capitale en peine de réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.

Les termes de sa requête sont les suivants : « Durant les 24 dernières années, j’ai appris que le repentir était la seule véritable manière d’exprimer le sentiment de culpabilité et le remords qui m’étreignent. Se repentir, cela veut dire pour moi trouver des moyens de me racheter après les actes que j’ai commis, même si tout cela peut sembler dérisoire au regard de mes crimes. […] J’essaie d’aider les autres à évoluer de la colère vers la réconciliation. »

Un certain nombre de codétenus de Paul Rhoades ont adressé au Comité des grâces et des libérations conditionnelles des lettres dans lesquelles ils déclarent qu’il les a convaincus de renoncer à la violence ou les a aidés d’une autre manière, et que cela a changé leur vie.

« La peine de mort dénigre toute notion de réconciliation ou de réinsertion, et le prisonnier condamné devient alors un objet avec lequel on peut jouer et dont on peut se débarrasser. C’est une sanction qui n’offre pas de solution constructive face au crime violent », a indiqué Rob Freer.

Les avocats de Paul Rhoades ont déposé un recours contre la légalité des procédures d’injection létale utilisées par l’État de l’Idaho, concernant notamment la sélection et la formation de l’équipe en charge de l’exécution. Le 14 novembre, un juge fédéral a refusé d’accorder un sursis. C’est désormais à la cour fédérale d’appel de se prononcer.

L’enfance de Paul Rhoades s’est déroulée dans un climat de violence physique, psychologique et émotionnelle. En 2006, un psychologue l’a décrit en ces termes : « C’est un être humain abîmé qui n’avait guère de chance de devenir un adulte en bonne santé. »

Les juges qui ont prononcé la peine capitale contre Paul Rhoades ne disposaient pas de toutes les informations concernant ses antécédents et sa forte dépendance à la méthamphétamine.

Les victimes étaient Susan Michelbacher, une enseignante, ainsi que Stacy Baldwin et Nolan Haddon, tous deux employés d’une supérette.

À l’issue de deux procès, Paul Rhoades a été condamné à mort pour les meurtres de Stacy Baldwin et de Susan Michelbacher, et à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat de Nolan Haddon.

Dans l’Idaho, 14 personnes sont actuellement sous le coup d’une condamnation à mort. La dernière exécution dans cet État remonte à 1994 ; il s’agissait de Keith Wells, qui avait renoncé à faire appel de sa condamnation. La précédente exécution remontait à 1957.

Aux États-Unis, 42 mises à mort ont eu lieu cette année et 1 276 prisonniers ont été exécutés depuis la reprise des exécutions judiciaires dans ce pays, en 1977.

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