Communiqué de presse

L’Inde doit enquêter sur des homicides illégaux présumés attribués à des policiers de l’État d’Andhra Pradesh

L’homicide de 20 trafiquants présumés de bois de santal rouge par la police de l’État d’Andhra Pradesh doit donner lieu dans les meilleurs délais à une enquête approfondie et indépendante, a déclaré Amnesty International Inde mercredi 8 avril. S’il s’avère que ces homicides étaient illégaux, les responsables doivent être traduits en justice.

Mardi 7 avril, des policiers et des gardes forestiers ont abattu 20 personnes soupçonnées de trafic de bois de santal rouge dans le district de Chittoor, et en ont blessé huit autres. Un policier gradé a déclaré à des journalistes que les fonctionnaires avaient surpris ces hommes en train de couper des santals rouges, des arbres menacés. Il a ajouté que lorsqu’il a été demandé à ces hommes de se rendre, ils ont attaqué les policiers avec leurs haches et des pierres, les forçant à ouvrir le feu pour se défendre. Aucun policier n’a cependant été blessé. La plupart des trafiquants suspectés présentaient des blessures par balles dans le dos.

« Il faut ouvrir une information judiciaire afin de déterminer si la police a recouru à une force excessive, et si ces homicides s’apparentaient à des affrontements mis en scène pour masquer des exécutions extrajudiciaires », a déclaré Abhirr VP, chargé d’action à Amnesty International Inde.

« Les policiers ne sont pas au-dessus des lois, et ne doivent pas être traités comme tels. Ils ne doivent recourir à une force meurtrière que si cela est absolument inévitable pour protéger des vies. »

La Commission nationale des droits humains a déclaré que l’affaire constituait « une grave violation des droits fondamentaux de ces personnes » et que « l’utilisation d’armes à feu ne saurait être justifiée puisque elle a mené à la mort de 20 personnes. » Elle a demandé aux hauts responsables gouvernementaux et aux autorités policières d’expliquer les agissements des policiers et gardes forestiers d’ici deux semaines.

Ces dernières années, plusieurs « accrochages » entre la police et des trafiquants présumés de santal rouge se sont soldés par des homicides parmi ces derniers. En mai 2014, la police a ainsi tué trois trafiquants présumés à Chittoor. Cinq autres auraient été abattus en Andhra Pradesh entre juin et août. Des représentants de l’État ont également été tués lorsqu’ils ont été attaqués par des trafiquants présumés.

« Dans de nombreux cas, ces prétendus trafiquants sont des bucherons pauvres employés par des bandes criminelles organisées », a déclaré Abhirr VP.

« La lutte contre le trafic de santal rouge ne doit pas être utilisée comme une excuse pour faire fi des droits humains. »

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