L’Iran affiche son mépris pour les droits humains en rejetant des recommandations de l’ONU

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI - 17 février 2010

Ce 17 février, Amnesty International a critiqué la décision de l’Iran de rejeter des recommandations importantes faites par les Nations unies dans le but d’améliorer la situation des droits humains dans ce pays.

Certaines des recommandations refusées par l’Iran portent sur : la fin des exécutions de mineurs délinquants, le respect des garanties d’équité des procès, les enquêtes sur les allégations de torture, de viol notamment, et la libération des personnes incarcérées simplement pour avoir exercé, pourtant pacifiquement, leurs droits fondamentaux.

C’est en outre une adhésion de pure forme que la délégation iranienne a exprimé à l’idée d’une coopération avec le Conseil des droits de l’homme.

S’il a effectivement accepté une recommandation l’appelant à coopérer avec les experts des droits humains de l’ONU, l’Iran en a rejeté plusieurs autres visant à permettre au rapporteur spécial sur la torture, mandaté par le Conseil, de se rendre sur place.

La délégation a accepté la recommandation relative au respect de la liberté de religion mais refusé celle concernant la fin des discriminations à l’égard des Baha’is.

« En refusant des recommandations spécifiques faites par des dizaines de pays, les autorités iraniennes ont affiché leur mépris des obligations internationales qui sont les leurs, tout comme elles le font déjà dans leur manière de traiter la population iranienne », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« En promettant d’étudier les recommandations sur l’élimination des exécutions de mineurs délinquants, les autorités iraniennes font cyniquement mine d’ignorer leur obligation existante, au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant, de ne pas ôter la vie à ce type de délinquants », a ajouté Hassiba Hadj Sahraoui.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, dont le siège se trouve à Genève, a passé en revue le bilan de l’Iran en matière de droits humains, tandis que la délégation iranienne a réagi à une série de recommandations que leur ont présentées d’autres pays membres de l’ONU.

La délégation a accepté 123 recommandations, réservé son avis sur 20 autres et rejeté les 45 restantes.

Les nombreuses contradictions caractérisant le choix des autorités d’accepter ou de rejeter certaines recommandations laissent Amnesty International perplexe.

Le rejet désinvolte de certaines recommandations similaires à d’autres quant à elles acceptées jette le doute sur la volonté des autorités de suivre les recommandations validées.

L’Iran a affirmé que des enquêtes étaient en cours sur certains cas de torture et homicides survenus à la suite des troubles déclenchés par l’annonce des résultats de l’élection présidentielle de juin 2009.

Cependant, bien que certaines informations fassent état d’enquêtes parlementaires, nul ne semble avoir été traduit en justice pour l’homicide de Neda Agha Soltan, une manifestante pacifique abattue dans la rue en juin 2009, ou de Mohsen Ruholamini, mort en détention en juillet 2009.

En outre, les autorités ont rejeté certaines recommandations relatives aux enquêtes sur les allégations de torture et d’exécutions extrajudiciaires, perpétuant ainsi le climat d’impunité qui prévaut dans le pays.

Les autorités ont également déclaré qu’elles renforceraient leur coopération avec les organisations de défense des droits humains ; elles n’ont pourtant pas répondu aux nombreuses requêtes formulées par Amnesty International afin de rencontrer des membres de la délégation iranienne.

« Pour que la situation des droits humains s’améliore réellement en Iran, les autorités doivent en finir avec ce double langage et prendre des mesures concrètes, comme : mettre fin aux exécutions de mineurs délinquants ; faire le nécessaire pour favoriser des procès équitables ; mettre un terme à la pratique de la torture et en finir avec l’impunité pour toutes les violations. »

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