Communiqué de presse

L’ONU doit mettre un terme au non-respect systématique de l’obligation de rendre des comptes pour les atteintes aux droits humains commises par des soldats chargés du maintien de la paix

Les Nations unies doivent revoir la façon dont sont supervisées les opérations de maintien de la paix, a déclaré Amnesty International jeudi 13 août, peu avant la réunion du Conseil de sécurité portant sur les allégations d’atteintes sexuelles en République centrafricaine révélées mardi 11 août.

« Si l’ONU est déterminée à mettre un terme au fléau que représentent les atteintes et l’exploitation sexuelles imputables à ses soldats chargés du maintien de la paix, elle doit enfin reconnaître que le système actuel ne fonctionne pas. Elle n’a pas su faire face au problème par le passé, manquant à son devoir envers les victimes qu’elle était censée protéger », a déclaré Joanne Mariner, conseillère en matière de réaction aux crises au sein d’Amnesty International.

« Ban Ki-moon lui-même a affirmé que la confiance dans les soldats de l’ONU ne doit pas être remplacée par la peur. Mais tant que les Nations unies n’auront pris aucune mesure pour veiller à la mise en place de mécanismes rigoureux pour la sélection des soldats chargés du maintien de la paix, d’une part, et à une meilleure application de l’obligation de rendre des comptes devant la justice, d’autre part, de tels agissements continueront d’être commis. »

Mercredi 12 août, le représentant spécial du secrétaire général en République centrafricaine et responsable de la MINUSCA, Babacar Gaye, a démissionné à la demande du secrétaire général de l’ONU.

Cet événement est intervenu à la suite de la publication par Amnesty International d’un communiqué de presse dénonçant l’implication de soldats des Nations unies dans le viol d’une jeune fille de 12 ans et dans les homicides aveugles d’un adolescent de 16 ans et de son père. Il s’agissait des dernières informations en date dans une série de rapports faisant état d’atteintes et d’exploitation sexuelles par des membres des forces des Nations unies.

En réponse, Ban Ki-moon a convoqué une réunion du Conseil de sécurité jeudi 13 août pour évoquer la question des allégations d’atteintes sexuelles.

Plusieurs analyses sont en cours pour faire face aux problèmes systémiques rencontrés par les opérations de maintien de la paix des Nations unies. L’ONU a déjà établi en juin un groupe de travail externe indépendant chargé d’examiner la façon dont les Nations unies ont traité les allégations d’atteintes et d’exploitation sexuelles en République centrafricaine. Amnesty International demande que le mandat de ce groupe de travail soit élargi, ou bien qu’il soit suivi d’un examen plus exhaustif de la réponse apportée par les Nations unies aux allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles.

« Ce problème va bien au-delà de hauts fonctionnaires particuliers comme le général Babacar Gaye. Il est le reflet de grandes failles systémiques qui permettent à des soldats chargés du maintien de la paix de commettre ces crimes dans ce qui semble être l’impunité la plus totale  », a déclaré Joanne Mariner.

« Dénoncer ces agissements ne suffit pas. Les Nations unies doivent de toute urgence prendre des mesures et exercer leurs responsabilités à ce sujet.  »

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