Communiqué de presse

L’ONU garde le cap sur les droits des femmes – mais il reste encore beaucoup à faire

A l’occasion de la 57ème Commission de la condition de la femme de l’ONU (CCF),les droits des femmes ont fait deux petits pas en avant. Les gouvernements se sont engagés à prendre une série de mesures pour s’attaquer à la violence liée au genre, priorité de cette année.

Le document final de la Commission appelle les gouvernements à prendre un vaste panel de mesures pour s’attaquer à la violence contre les femmes et les filles dans le monde, y compris les violences domestiques ou les violences en situation de post-conflits.

Les conclusions concertées appellent les Etats à s’assurer que les droits humains des femmes, y compris leurs droits sexuels et reproductifs, sont protégés et pleinement exercés. Les Etats doivent garantir l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive et la Commission a appelé pour la première fois à rendre accessible la contraception d’urgence. Les gouvernements doivent également développer et mettre en œuvre une éducation sexuelle compréhensive et conforme aux connaissances scientifiques pour tous les adolescents et les jeunes.

Les conclusions concertées contiennent également une référence importante au soutien et à la protection des femmes défenseures des droits humains.

« En tant que membre de la Coalition Internationale des Femmes Défenseures des Droits Humains, nous nous réjouissons de la reconnaissance accordée aux femmes défenseures des droits humains (FDDHs) par la CCF et de sa promesse de les soutenir et les protéger », a déclaré Danna Ingleton, membre de l’équipe des Individus en Danger d’Amnesty International.

Les femmes défenseures qui ont pris la parole à l’ONU ont souligné à quel point il était important de leur permettre d’agir sans crainte ni risque de représailles, coercition, intimidations ou attaques pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles. « Comment pouvons-nous mettre un terme à la violence faites aux femmes et aux filles si celles qui s’engagent pour les droits humains sont elles-mêmes la cible de violences ? » a demandé Danna Ingleton.

De nombreux engagements pris à New York cette semaine reflètent les obligations que les gouvernements doivent remplir en vertu des traités internationaux relatifs aux droits humains. « C’est rassurant de voir que la CCF réaffirme que les Etats doivent s’abstenir d’invoquer la coutume, la tradition ou les considérations religieuses pour se soustraire à leurs obligations en matière de violence contre les femmes », a déclaré Nicole Bjerler, de Bureau d’Amnesty international de l’ONU à New York.

Les gouvernements ne sont cependant pas parvenus à se mettre d’accord sur un certain nombre de questions centrales pour l’élimination et la prévention de la violence contre les femmes et les filles.

« Nous sommes surpris de voir qu’il y a encore des résistances – y compris du côté de la délégation du Saint Siège – quant à la reconnaissance et les moyens de remédier à la violence dont sont victimes certaines personnes en fonction de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ».

Comme dans les années précédentes, le travail de la CCF s’est heurté à la résistance et l’opposition de délégations et de groupes religieux. Des positions comme celle exprimée dans une déclaration des Frères Musulmans ont été fermement rejetées par les organisations de la société civile et les institutions de droits des femmes dans la région.

Des organisations de la société civile des quatre coins du monde ont suivi de près les positions avancées par leurs gouvernements dans les négociations. Beaucoup ont fait part de leur préoccupation à l’égard de certaines prises de positions qui, si elles avaient été adoptées, auraient mis à mal le principe d’universalité et d’indivisibilité des droits humains ou auraient ré-ouvert les discussions sur des accords internationaux déjà établis sur les droits humains des femmes. Des centaines d’organisations de la société civile ont signé une déclaration commune faisant part de leurs préoccupations lors de la CCF, disponible en ligne ici.

Heureusement, de nombreux gouvernements sont restés fermes sur les engagements à l’égard des droits des femmes et ont permis l’adoption des conclusions concertées qui reflètent des standards déjà existants. Les gouvernements doivent maintenant passer à l’action en mettant en oeuvre dans la pratique les conclusions concertées.

« Les conclusions concertées sont un instrument dans les mains de ceux chargés de faire des droits des filles et des femmes une réalité : des législateurs aux responsables politiques et aux enseignants, des policiers aux professionnels de la santé. Il s’agit d’un outil pour ceux qui cherchent à rappeler aux gouvernements leurs obligations pour mettre fin à la violence liée au genre contre les femmes et les filles ».

La Commission de la condition de la femme de l’ONU se réunit chaque année à New-York et s’est consacrée en 2013 à l’élimination de la violence contre les femmes. Composée de 45 Etats membres, la CCF est le principal organe mondial qui élabore des politiques dédiées exclusivement à l’égalité des genres et au progrès des femmes avec pour seul objectif la promotion des droits des femmes dans les domaines politique, économique, civil, social et éducatif. La Commission a pour mandat de s’assurer de la mise en oeuvre des accords internationaux existants relatifs aux droits humains des femmes et à l’égalité des genres.

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