L’Ouganda doit mettre fin aux attaques de la police contre les manifestants pacifiques


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Index AI : PRE 01/218/2011

ÉFAI

21 avril 2011

Le gouvernement ougandais doit immédiatement mettre fin au recours excessif à la force contre les manifestants, a déclaré Amnesty International jeudi 21 avril, après que la police a tiré à balles réelles sur des foules de protestataires dans différentes parties du pays, tuant un enfant selon certaines sources.

Cinq personnes ont été tuées en Ouganda depuis que les manifestations déclenchées par la hausse du prix des carburants et du coût de la vie ont commencé, le 11 avril.

« Les policiers ont le devoir de se protéger et de faire respecter la loi, mais il est complètement inacceptable de tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques, a souligné Michelle Kagari, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International.

« Ils doivent maintenant enquêter sans délai sur ces morts de manière approfondie, indépendante et efficace. »

Un enfant a été tué et deux manifestants blessés par balle au cours de manifestations dans la ville de Masaka jeudi 21 avril, a indiqué un journaliste local à Amnesty International. Deux policiers auraient été violemment battus par des manifestants lors de ces troubles.

Kizza Besigye, chef du Forum pour un changement démocratique (FDC), un parti d’opposition, a été arrêté jeudi pour la troisième fois depuis le début des manifestations. Il a été inculpé de rassemblement illégal et comparaîtra devant un tribunal le 27 avril.

Deux hommes ont été abattus par les forces de sécurité dans la ville de Gulu (nord du pays) le 14 avril. Adoni Mugisu, vendeur sur les marchés, et Charles Otula, mécanicien, sont morts après que la police a tiré sur des foules de manifestants non armés. Le gouvernement a déploré ces morts mais en a attribué la responsabilité aux dirigeants de l’opposition et aux manifestants.

Au cours des manifestations à Gulu, une autre personne aurait été lynchée par des manifestants parce qu’elle portait un tee-shirt avec une photo du président Museveni.

Lundi 18 avril, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et inculpées d’infractions diverses, allant de l’incitation à la violence à la participation à des rassemblements illégaux. Parmi elles figure le chef du Parti démocrate, Norbert Mao, qui a refusé de demander une libération sous caution et doit comparaître devant un tribunal le mois prochain.

« L’Ouganda doit immédiatement abandonner toutes les charges retenues contre Kizza Besigye et tous les autres responsables politiques, militants et sympathisants de l’opposition, a ajouté Michelle Kagari.

« Les poursuites pénales ne doivent pas être utilisées contre les personnes qui participent à des manifestations pacifiques, et celles qui sont détenues doivent être libérées.

« Le gouvernement doit également ouvrir une enquête indépendante sur toutes les atteintes aux droits humains signalées au cours des récents événements. Toutes les personnes soupçonnées d’avoir commis des actes de violence illégale doivent être amenées à rendre des comptes. »

Depuis la fin des élections générales de février 2011, la police ougandaise interdit catégoriquement toutes les réunions et manifestations publiques, sous prétexte d’assurer la sécurité publique.


« L’interdiction des rassemblements publics est une violation du droit à la liberté d’expression, prévu par la Constitution ougandaise et par le droit international. Elle doit être levée immédiatement »
, a précisé Michelle Kagari.


« Le gouvernement ougandais affirme que cette interdiction est dans l’intérêt de la sécurité publique. Mais en réalité, elle a l’effet inverse car elle entraîne des perturbations généralisées. »

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