Communiqué de presse

L’Ukraine doit protéger des demandeurs d’asile en détention attaqués par des membres des forces de sécurité

Amnesty International a vivement appelé les autorités ukrainiennes à mettre un terme aux mauvais traitements infligés à des demandeurs d’asile placés en détention et à leurs sympathisants, attaqués lundi 30 janvier par les forces de sécurité qui tentaient d’interrompre de force une grève de la faim.

Des agents des forces de sécurité en tenue antiémeute et armés de matraques ont effectué une descente au centre pour migrants de Zhuravichi, dans l’ouest de l’Ukraine, où une soixantaine de Somaliens et de 6 Érythréens avaient entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention illégale, qui dure depuis le 6 janvier.
Des détenus du centre ont expliqué à Amnesty International que les agents avaient forcé les migrants à s’alimenter et les avaient filmés en train de manger.

« Les autorités doivent veiller à ce qu’aucun acte de torture ou autre mauvais traitement ne soit infligé à ces détenus, qui ne devraient de toute façon pas être maintenus en détention », a déclaré John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Ces migrants et ces demandeurs d’asile tentent simplement d’échapper à des violations des droits humains dans leurs pays d’origine, et ils en sont maintenant victimes en Europe. »

Des personnes détenues dans ce centre avaient déjà signalé avoir été battues et maltraitées.

Certaines ont dit avoir été maintenues à l’isolement dans des pièces sans lit pendant plusieurs jours et avoir reçu des courriels et des appels téléphoniques anonymes contenant des menaces de mort et des injures racistes.

Les ressortissants somaliens ont été appréhendés par la police dans diverses régions d’Ukraine aux alentours du 23 décembre, et les Érythréens ont été arrêtés en novembre 2011.

Le groupe compte une vingtaine de mineurs, dont certains ne sont pas accompagnés.

Toutes ces personnes ont été condamnées à des périodes de détention pouvant aller jusqu’à un an « en vue de leur expulsion ». Cependant, aucun Somalien ou Érythréen n’a jamais été expulsé d’Ukraine.

« Étant donné qu’aucune expulsion n’est prévue, il n’existe aucune raison légale de détenir ces demandeurs d’asile ; leur détention est par conséquent arbitraire et illégale, et ces personnes doivent être libérées », a déclaré John Dalhuisen.

« Les autorités ukrainiennes doivent cesser de placer des Somaliens et des Érythréens en détention alors qu’ils ne seront pas expulsés. »

En tant qu’État partie à la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés, l’Ukraine ne peut expulser quiconque vers un pays où cette personne risquerait d’être victime de graves atteintes aux droits humains.

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