Communiqué de presse

L’Union africaine doit appeler l’Afrique du Sud à protéger les réfugiés et les migrants des attaques xénophobes

L’Union africaine (UA) doit appeler les autorités sud-africaines à fournir une garantie de sécurité sur le long terme pour les réfugiés, les migrants et les demandeurs d’asile qui vivent dans le pays, ont déclaré Amnesty International et 12 autres organisations de la société civile lors d’un événement organisé vendredi 12 juin en marge du sommet de l’UA actuellement en cours à Pretoria et Johannesburg.

La 25e session ordinaire de l’Assemblée de l’UA se tient dans un contexte d’attaques xénophobes persistantes commises contre des ressortissants étrangers par des Sud-Africains.

« Le moment est venu pour l’UA de faire pression sur le gouvernement de l’Afrique du Sud pour qu’il remédie aux actes xénophobes incessants dans ce pays et qu’il veille à ce que les auteurs de ces agissements ne restent pas impunis. Elle doit lui rappeler son obligation de protéger toutes les personnes présentes sur son territoire des attaques violentes, quel que soit leur statut. Les attaques xénophobes doivent cesser », a déclaré Noel Kututwa, directeur régional adjoint pour l’Afrique australe à Amnesty International.

L’Afrique du Sud est depuis longtemps le théâtre d’attaques xénophobes visant les demandeurs d’asile, les réfugiés et les migrants. En 2008, 62 personnes ont été tuées et des centaines de milliers d’autres déplacées lors d’une vague d’agressions xénophobes dans le pays.

« De la même manière que les dirigeants africains doivent se rendre mutuellement des comptes quant à l’application d’une bonne gouvernance et au respect des droits humains, ils sont tenus de protéger les personnes à l’intérieur de leurs frontières. À l’occasion du sommet qui a lieu cette semaine, nous demandons à l’UA d’aider l’Afrique du Sud à montrer l’exemple dans la lutte contre la xénophobie et la protection des droits de toutes les personnes, y compris les réfugiés, les immigrants et les demandeurs d’asile », a déclaré Sipho Mthathi, directrice exécutive d’Oxfam Afrique du Sud.

Depuis le début de l’année 2015, le pays connaît une nouvelle vague de violence xénophobe à l’encontre des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants, ainsi que des commerces qu’ils tiennent.

Les tensions se sont aggravées en mars à la suite d’une phrase controversée du roi zoulou Goodwill Zwelithini, qui a dit lors d’une cérémonie publique que les « immigrants [devaient] faire leurs bagages et retourner d’où ils viennent ».

Au moins cinq décès de « ressortissants étrangers », dont deux Mozambicains, un Zimbabwéen, un Éthiopien et un Bangladais, ont été confirmés. Cependant, d’autres décès signalés restent à confirmer. Trois Sud-Africains ont également trouvé la mort dans ces violences.

« Un certain nombre de propos irresponsables ont été tenus par des personnes représentant l’autorité au sujet du statut des ressortissants étrangers pris pour cible lors des attaques. L’UA doit rappeler que le droit à la vie et celui de ne pas être soumis à la torture ou à d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants sont absolus. Rien ne peut justifier de violer ces droits. Le statut migratoire des ressortissants étrangers victimes des attaques en Afrique du Sud est donc hors de propos », a déclaré Kaajal Ramjathan-Keogh, directrice exécutive du Centre des litiges d’Afrique australe (SALC).

À la suite des attaques xénophobes de mars et avril 2015 en Afrique du Sud, la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a condamné les agressions de ressortissants étrangers dans la province du Kwazulu-Natal, en qualifiant cette violence d’« inacceptable ».

Lors de sa réunion du 30 avril 2015, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a réprouvé la xénophobie sous toutes ses formes et manifestations, et affirmé que ces événements s’inscrivaient dans des difficultés sociales, économiques et politiques plus larges rencontrées par l’Afrique.

En avril 2015, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a adopté une résolution condamnant les attaques xénophobes en Afrique du Sud lors de sa 56e session ordinaire à Banjul, la capitale de la Gambie.

Amnesty International et les autres organisations de la société civile engagent l’UA à tenir l’engagement qu’elle a pris de promouvoir les droits humains et de mettre fin à l’impunité dans ses États membres, en demandant publiquement au gouvernement sud-africain d’appliquer pleinement et efficacement les recommandations de la Commission, en particulier les suivantes :

 faire cesser immédiatement les attaques visant des ressortissants étrangers dans le pays et mettre en place des mesures pour que ces agissements ne se reproduisent pas ;

 enquêter de manière exhaustive et transparente sur les circonstances qui mènent aux attaques xénophobes et autres actes de violence perpétrés contre des étrangers ;

 veiller à ce que tous les auteurs présumés de ces attaques soient traduits en justice dans le respect de la loi ;

 prendre sans délai des dispositions pour ratifier et intégrer dans la législation nationale la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (Convention de Kampala), et faire une déclaration au titre du Protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples portant création d’une Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, afin de permettre aux particuliers et aux ONG de saisir directement cette instance.

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