Communiqué de presse

La détention au secret et dans un lieu tenu secret d’un suspect de Benghazi doit prendre fin

Le gouvernement américain doit faire en sorte qu’Ahmed Abu Khattalah, détenu dans un lieu secret, sans pouvoir communiquer avec l’extérieur, soit autorisé à entrer en contact sans délai et sans restrictions avec un avocat, car l’on craint qu’il ne soit détenu ou interrogé dans des conditions inhumaines, a déclaré Amnesty International mercredi 18 juin.

Ahmed Abu Khattalah aurait été inculpé de participation à un attentat contre la mission diplomatique des États-Unis à Benghazi en 2012, dans lequel quatre ressortissants américains ont été tués. Il a été capturé par les forces américaines en Libye le 15 juin et est actuellement incarcéré dans un lieu non divulgué, probablement à bord d’un navire de la marine américaine.

« Le fait qu’Ahmed Abu Khattalah puisse être soupçonné d’être l’auteur d’un crime grave ne signifie pas qu’il doit être privé de son droit à être traité avec humanité et dans le respect des procédures légales », a déclaré Erika Guevara Rosa, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Après l’absence d’obligation de rendre des comptes pour les actes de torture commis sous le gouvernement du président George Bush, des préoccupations demeurent quant au traitement réservé aujourd’hui encore par les États-Unis aux personnes soupçonnées d’être impliquées dans des actes terroristes. »

Dans une affaire semblable, en 2013, un Libyen kidnappé aurait été privé de sommeil durant les interrogatoires qui se succédaient à bord du navire américain où il a été détenu pendant une semaine, avant d’être transféré vers les États-Unis.

L’inculpation de meurtre à laquelle doit répondre Ahmed Abu Khattalah est passible de la peine de mort aux États-Unis.

Amnesty International demande au gouvernement américain de veiller à ce que cet homme puisse s’entretenir immédiatement et régulièrement avec l’avocat de son choix, consulter un médecin indépendant et bénéficier d’une assistance consulaire, et à ce qu’il soit traité conformément aux normes internationales relatives aux droits humains.

Enfin, Amnesty International exhorte le gouvernement des États-Unis à ne pas requérir la peine de mort à son encontre lors de son procès à venir.

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