La dimension des droits de l’homme dans les relations internationales : le cas de la Birmanie (Myanmar)

Mémoire de Bryan Carter

Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences sociales, politiques et économiques — Section de science politique

Introduction : "L’étude politique des droits de l’homme ne peut se faire sans tenir compte du contexte politique, géographique et historique dans lequel ces derniers ont évolué. Souvent brandis comme l’étendard que des hommes et des femmes ont porté dans l’espoir de faire valoir leur individualité face à des gouvernements, ces valeurs n’en continuent pas moins d’être souvent traitées avec cynisme, ironie ou utopisme. Cela s’avère encore plus véridique lorsque nous choisissons de transposer l’étude de ces droits à la sphère des relations internationales où il existe un dilemme entre l’universalité proclamée des principes fondamentaux et le poids des états dans l’élaboration de politiques parfois nuisibles aux droits de l’homme mais justifiées par un recours systématique au principe de souveraineté étatique. Cependant, ce concept des droits de l’homme revient constamment, au travers de discours, articles, essais et discussions, alimenter la thèse selon laquelle ces droits, bien que proclamés déjà en 1789, restent à être pleinement réalisés en ce début de 21° siècle. S’ils sont déjà considérés comme acquis et immuables en occident principalement, il n’est pas inutile de rappeler que les valeurs qu’ils défendent (liberté, égalité…) sont des concepts relativement nouveaux dans l’histoire humaine et que leur application au niveau international est loin d’être évidente. Notre optique n’est pas de se livrer à une condamnation de l’application du respect des droits de l’homme que certains diront secondaires à la prise en compte de considérations économiques, politiques ou géostratégiques mais plutôt de comprendre comment la défense des droits de l’homme trouve sa place dans la justification des politiques internationales en comparant leur promotion faite en occident et leur application dans une région aussi lointaine que l’Asie. Ce mémoire analysera donc l’importance du non-respect des droits de l’homme au sein des relations internationales en analysant le cas de la Birmanie, également connue sous le nom de Myanmar.2 Nous partirons du principe que le gouvernement militaire birman ne respecte pas les droits contenus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’ONU de 1948 et que cela complique ses relations avec des gouvernements étrangers ainsi qu’avec des institutions internationales qui ont un devoir de veiller à ce que leur politique extérieure avec des pays tiers tienne compte du respect des droits de l’homme. Les instances analysées sont les Etats-Unis, l’Union Européenne (UE) et l’Organisation des Nations Unies (ONU) et nous nous focaliserons sur la place que tiennent les droits de l’homme dans leurs rapports avec la Birmanie. Le choix de ces trois protagonistes permet de mettre en évidence une institution internationale (l’Organisation des Nations Unies) ainsi que deux niveaux différents d’organisations politiques au sein de ce que l’on nomme communément l’"occident" : un état (les Etats-Unis) et une institution régionale (l’Union Européenne). Le noeud de ce travail portera donc sur la question suivante : « Dans quelle mesure le non-respect des droits de l’homme influence-t-il les relations qu’entretient la Birmanie avec les Etats-Unis, l’UE et l’ONU depuis 1988 ? » L’idée n’est pas de savoir si le gouvernement birman nuit aux droits de l’homme ou pas. Ce fait est unanimement reconnu aussi bien par la communauté internationale que par le gouvernement birman lui-même. La question est plutôt de savoir jusqu’à quel point les considérations éthiques relatives au respect des droits de l’homme devancent les intérêts économiques, politiques ou géostratégiques dans la région du sud-est asiatique..."

Le mémoire est téléchargeable ici

Online Burma/Myanmar Library — http://www.burmalibrary.org

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