Communiqué de presse

La Guinée équatoriale doit communiquer les détails de l’amnistie accordée aux prisonniers politiques

Le gouvernement de Guinée équatoriale doit révéler les noms et les motifs d’arrestation de tous les prisonniers devant bénéficier de l’amnistie récemment annoncée pour les délits politiques, a déclaré Amnesty International vendredi 24 octobre.

Le président Obiang Nguema a signé cette semaine un décret accordant une amnistie à toutes les personnes condamnées ou en cours de procédure judiciaire pour des délits politiques dans le pays. Cependant, le décret ne définit pas clairement les « délits politiques » et n’indique pas combien de personnes bénéficieront de cette amnistie.

« Ce décret serait une mesure encourageante pour les droits humains en Guinée équatoriale s’il aboutissait à la libération des personnes emprisonnées uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux, mais les autorités doivent exposer ses conditions en détails, a déclaré Stephen Cockburn, directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale chez Amnesty International.

« Le gouvernement doit veiller à ce que ces prisonniers soient libérés immédiatement et que leurs familles, entre autres, soient tenues informées de toutes les suites. »

Cette amnistie est préalable à des discussions prévues avec des opposants politiques, dont certains sont en exil, au sujet de la réconciliation nationale.
Amnesty International a constaté une persistance des violations des droits humains en Guinée équatoriale, notamment des pratiques relevant de la torture, des arrestations arbitraires d’opposants politiques et des procès de civils devant des juridictions militaires.

« Il faut que cette amnistie donne l’impulsion au gouvernement pour traiter plus généralement les problèmes de droits humains en Guinée équatoriale, notamment en établissant les responsabilités des violations et en mettant fin à la torture et aux détentions arbitraires », a déclaré Stephen Cockburn.

Parmi les prisonniers politiques actuels figure Cipriano Nguema, qui a été enlevé au Nigeria en décembre 2013 avant d’être torturé par les autorités au siège de la Sécurité nationale, à Malabo.
Le 27 septembre 2014, cinq autres personnes liées à cet homme – Ticiano Obama Nkogo, Timoteo Asumu, Antonio Nconi Sima, Mercedes Obono Nconi et Emilia Abeme Nzo – ont été condamnées à des peines de 15 à 27 ans de prison par un tribunal militaire, en l’absence de leurs avocats, pour avoir soi-disant menacé la sécurité de l’État. Un autre homme, Leoncio Abeso Meye, a été jugé par contumace.

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