La Malaisie doit mettre fin aux châtiments cruels tels que la bastonnade, récemment infligée à trois femmes

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI - 17 février 2010

Amnesty International a appelé le gouvernement malaisien à ne plus recourir à la bastonnade après que trois femmes reconnues coupables de relations sexuelles extraconjugales se sont vu infliger ce châtiment.

C’est la première fois que des femmes sont soumises à une peine de coups de bâton en Malaisie.

Le ministre de l’Intérieur Hishammuddin Hussein a annoncé mercredi 17 février que trois musulmanes avaient été soumises à ce châtiment le 9 février dans une prison, près de Kuala Lumpur. Ces femmes, ainsi que quatre hommes, avaient été reconnues coupables de relations sexuelles extraconjugales par la justice appliquant la charia, habilitée à juger les musulmans dans certains domaines, notamment celui du droit de la famille.

« La peine de bastonnade infligée à ces trois femmes n’est que la partie émergée de l’iceberg, a déclaré Donna Guest, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International. Depuis 2002, les autorités malaisiennes ont infligé ce châtiment à plus de 35 000 personnes, principalement à des étrangers pour des infractions à la législation sur l’immigration. »

La plupart des peines de bastonnade en Malaisie sont prononcées par des tribunaux civils et non des tribunaux islamiques. Des modifications apportées à la loi sur l’immigration de 2002 autorisent la bastonnade dans les cas d’infraction à cette loi, ce qui accroît le recours à ce châtiment. En juin 2009, le gouvernement malaisien a annoncé que 47 914 migrants avaient été condamnés à des peines de coups de bâton depuis l’entrée en vigueur des modifications à la loi sur l’immigration.

« Ces chiffres témoignent d’un accroissement considérable de l’utilisation de cette sanction en Malaisie, a déclaré Donna Guest. Le gouvernement doit abolir ce châtiment cruel et dégradant pour tous les types d’infraction. »

La bastonnade peut entraîner de grandes souffrances physiques, ainsi que des lésions et des cicatrices qui ne disparaissent qu’au bout de plusieurs mois. Ce châtiment corporel constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant, totalement prohibé par le droit international coutumier relatif aux droits humains.

En juillet 2009, le tribunal islamique de l’État de Pahang a condamné une musulmane, Kartika Sari Dewi Shukarno, à une peine de six coups de bâton et à une amende. Accusée d’avoir consommé de l’alcool au bar d’un hôtel en décembre 2007, elle avait plaidé coupable. Ce châtiment ne lui a pas encore été infligé à ce jour.

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