La Malaisie doit renoncer à accroître l’effectif d’un service de sécurité accusé de violences

Index AI : PRE01/289/2010
ÉFAI

Il faut que le gouvernement malaisien abandonne le projet d’expansion d’une organisation, soutenue par l’État et constituée de civils bénévoles, qui a un lourd passif d’atteintes aux droits humains contre les réfugiés et les migrants, a déclaré Amnesty International jeudi 19 août.

Dans une interview donnée à l’agence Associated Press, le directeur général du Corps des volontaires du peuple (RELA) a indiqué que l’organisation avait pour objectif de faire passer de 1,6 à 2,6 millions le nombre de ses membres d’ici la fin de l’année. Il a ajouté cependant que le RELA n’était pas en mesure de former pleinement plus de 8 000 nouveaux agents par an.

Amnesty International a montré dans deux documents publiés en 2010 que les membres du RELA se livraient régulièrement à des violences et du chantage et qu’ils arrêtaient au hasard des personnes se trouvant en toute légalité dans le pays.

« Les agents du RELA sont responsables des atteintes aux droits humains les plus répandues contre les migrants et les réfugiés en Malaisie, a déclaré Sam Zarifi », directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Au lieu de chercher à réduire ces violences, le gouvernement envisage de lâcher dans la nature un million supplémentaire de civils mal entraînés et dotés de certains pouvoirs réservés normalement à la police. »

Le RELA est composé de civils bénévoles auxquels le gouvernement attribue néanmoins certaines fonctions de la police ; c’est ainsi par exemple que les agents du RELA sont autorisés à interpeler, interroger et détenir des immigrants en situation irrégulière. Certains d’entre eux sont autorisés à porter une arme à feu.

Le directeur général du RELA a indiqué que les nouvelles recrues seraient de nouveau impliquées dans la surveillance des centres de détention du service d’immigration.

« Il est d’autant plus décevant que des responsabilités soient de nouveau attribuées aux membres du RELA dans les centres de détention pour migrants que, l’année dernière, le gouvernement malaisien avait promis à Amnesty International que cette organisation se verrait déchargée de son rôle très critiqué dans l’application de la législation sur l’immigration », a déclaré Sam Zarifi

Les recherches menées par Amnesty International ont fait apparaître que l’absence d’une structure bien établie des responsabilités au sein du RELA avait permis à ses membres de commettre des violences en toute impunité.

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