La menace de la répression gouvernementale continue à peser sur des politiciens bahreïnites remis en liberté

Deux députés bahreïnites placés en détention lors des actions de protestation contre le gouvernement continuent à risquer d’être poursuivis au pénal bien qu’ils aient été relâchés le weekend dernier, a indiqué Amnesty International.


Matar Matar
et Jawad Fairouz, qui auraient été torturés en détention, faisaient partie d’un groupe d’au moins trois figures de l’opposition remises en liberté dimanche 7 août.


« La libération de ces opposants au gouvernement est positive, bien qu’elle n’ait que trop tardé, mais les autorités bahreïnites doivent veiller à ce que l’ensemble des poursuites en rapport avec leur exercice légitime de la liberté d’expression et d’autres droits humains soient également abandonnées, de sorte qu’aucune menace de réincarcération ne pèse sur Matar Matar, Jawad Fairouz et d’autres »
, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Le troisième opposant dont la libération a été prononcée ce weekend est Mohammed al Tajer, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, qui a dit à Amnesty International lundi 8 août que ses activités, bien que pacifiques, continuent à être réprimées.

« Les charges retenues contre moi n’ont pas été abandonnées. Les affaires confisqués à mon bureau n’ont pas été restituées et mon compte en banque est gelé », a-t-il déclaré.

« Je suis heureux d’être libre mais on m’a forcé à signer des papiers indiquant que je comparaîtrais devant la justice et me prêterais à un interrogatoire à tout moment si on me convoquait, et j’ai été obligé de déclarer que je n’entreprendrai aucune activité " contre mon pays ". »

Ces trois hommes auraient été torturés par des membres des forces de sécurité depuis leur arrestation en mai.

« J’étais forcé à me tenir debout, les mains contre le mur, tandis qu’ils me frappaient à la tête. Ils m’ont privé de sommeil et m’ont empêché d’aller aux toilettes. Je pouvais entendre depuis ma cellule comment les autres étaient torturés », a ajouté Mohammed al Tajer.

Matar Matar aurait été torturé après s’être plaint du harcèlement que lui faisait subir en prison un membre des forces de sécurité.

Amnesty International a demandé qu’une enquête indépendante soit ouverte sur les informations selon lesquelles ces trois hommes et d’autres détenus arrêtés pour leur rôle dans les manifestations à Bahreïn ont été torturés.


« Les autorités bahreïnites doivent veiller à ce que toutes les allégations de torture donnent lieu à une enquête indépendante et à ce que les responsables présumés soient traduits en justice »
, a conclu Malcolm Smart.


« Elles ne doivent pas continuer à tolérer de telles violations et permettre aux tortionnaires de se soustraire à l’obligation de rendre des comptes. »

Des groupes bahreïnites de défense des droits humains affirment que plusieurs autres manifestants ont été libérés dimanche 7 août, mais Amnesty International n’est pas encore en mesure de confirmer leur identité.

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