La répression de la dissidence continue à l’approche des élections

Alors que le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Raad Al Hussein, entame ce lundi 28 juillet une visite de quatre jours en République démocratique du Congo (RDC), Michelle Kagari, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs à Amnesty International, déclare :

« Nous assistons à une répression de la dissidence en RDC à l’approche des élections qui doivent se tenir en novembre. Les arrestations de militants et le harcèlement visant la société civile se banalisent. »

«  Il faut que la visite du haut-commissaire marque un tournant. Celui-ci doit exhorter les autorités à respecter leurs obligations internationales en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne les droits aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique. »

Amnesty International demande au haut-commissaire de lancer les appels suivants aux autorités de la RDC :

• Libérez tous les prisonniers politiques, y compris Fred Bauma, Yves Makwambala et Christopher Ngoyi, jeunes militants et prisonniers d’opinion adoptés par Amnesty International qui sont détenus depuis maintenant plus d’un an ;

• Cessez de détourner le système judiciaire afin de légitimer la répression de la dissidence. Plus particulièrement, il est nécessaire que le haut-commissaire exprime ouvertement son opposition au fait que les autorités incarcèrent, pour des motifs fallacieux, des personnes dénonçant ce qu’elles considèrent comme une tentative du parti au pouvoir de modifier la Constitution en vue de maintenir le président Kabila en place ;

• Réformez en profondeur l’Agence nationale de renseignements (ANR), qui a joué un rôle de premier plan dans la répression de l’opposition et de la société civile, et veillez à ce qu’elle opère dans le respect de la loi ;

• Protégez les civils exposés à la violence sur l’ensemble du territoire, en particulier dans la région de Beni, où plus de 500 personnes ont été tuées par des groupes armés sous le regard des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) depuis 2014, diligentez dans les meilleurs délais des enquêtes impartiales et efficaces sur ces homicides et faites en sorte que les responsables présumés de ces crimes soient amenés à répondre de leurs actes dans le cadre de procès équitables.

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