La répression postélectorale au Sri Lanka monte d’un cran avec l’arrestation d’un dirigeant de l’opposition

Communiqué de presse

ÉFAI - 8 février 2010

L’arrestation du général à la retraite Sarath Fonseka, ancien chef des forces armées sri-lankaises et candidat de l’opposition à l’élection présidentielle qui s’est récemment tenue au Sri Lanka, est l’illustration d’une intensification de la répression postélectorale, a déclaré Amnesty International lundi 8 février.

Sarath Fonseka a été arrêté tard dans la soirée du 8 février et devra semble-t-il comparaître devant un tribunal militaire, car il est accusé d’avoir divulgué des secrets militaires et d’avoir comploté dans le but d’assassiner le président Mahinda Rajapaksa.

« L’arrestation de Sarath Fonseka vient s’ajouter à la liste de mesures répressives visant l’opposition adoptées par le gouvernement Rajapaksa à la suite de l’élection », a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.
« Ayant vaincu les Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul sur le plan militaire et remporté une élection capitale, le président Rajapaksa doit désormais faire le nécessaire afin d’améliorer le bilan de son pays en matière de droits humains. Au lieu de cela, on observe que la critique est de moins en moins tolérée. »

Le moment choisi pour cette arrestation est préoccupant, compte tenu des informations selon lesquelles Sarath Fonseka avait annoncé plus tôt dans la journée qu’il était prêt à témoigner devant un tribunal international au sujet des crimes de guerre présumés imputés au gouvernement sri-lankais.
Depuis sa défaite électorale, plusieurs de ses principaux sympathisants ont été arrêtés. Parce qu’ils sont soupçonnés d’avoir soutenu le candidat de l’opposition, des journalistes officiant au sein des médias d’État ont également été la cible de menaces et de violences.

Les allégations concernant la responsabilité des uns et des autres dans le cadre d’atteintes aux droits humains et au droit humanitaire ont occupé une place prépondérante pendant la campagne électorale.
En décembre, la presse a repris des accusations formulées par Sarath Fonseka à l’endroit de Gotabhaya Rajapaksa, frère du président et ministre de la Défense, qui aurait ordonné l’exécution de dirigeants des Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul qui s’étaient pourtant rendus, à la fin de la guerre en mai 2009. Il est plus tard revenu sur ces allégations.
« Les allégations de crimes de guerre au Sri Lanka doivent donner lieu à une enquête internationale indépendante », a ajouté Sam Zarifi.
« Sarath Fonseka était le commandant des forces armées à une période durant laquelle l’armée sri-lankaise a été accusée d’infractions au droit humanitaire, notamment pour avoir effectué des tirs d’artillerie lourde dans une zone où se trouvaient de nombreux civils. Il doit répondre d’allégations sérieuses de crimes de guerre, et doit également faire l’objet d’une enquête et être soumis à l’obligation de rendre des comptes. »

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