Communiqué de presse

La reprise des exécutions au Kurdistan irakien est une régression

Amnesty International condamne l’exécution récente d’un homme et de deux femmes, déclarés coupables de meurtre par un tribunal du Kurdistan irakien l’an dernier. La reprise des exécutions, qui a mis fin à un moratoire de fait dans la région, est un grave retour en arrière, a déclaré l’organisation.

Farhad Jaafar Mahmood et ses deux épouses, Berivan Haider Karim et Khuncha Hassan Ismaeil, ont été pendus le 12 août. Un tribunal de la ville de Dohuk les avait condamnés à mort en avril 2014 pour l’enlèvement et le meurtre de deux écolières en 2011 et 2012.

Leurs condamnations avaient récemment été ratifiées par Masud Barzani, le président du gouvernement régional du Kurdistan, après avoir été confirmées par la Cour de cassation ; cette ratification a permis que les exécutions aient lieu. Les condamnations à la peine capitale doivent être ratifiées par le président pour que les autorités puissent procéder aux exécutions.

Il s’agissait des premières mises à mort depuis 2008 ; le président Barzani s’est abstenu de ratifier des condamnations à la peine capitale durant le moratoire de fait ayant duré sept années. Selon les médias, le nombre de personnes se trouvant dans le quartier des condamnés à mort au Kurdistan irakien s’élève à 205.

Amnesty International craint fort que la reprise des exécutions ne mène à de nouvelles mises à mort, car le nombre de condamnations à la peine capitale continue à augmenter et le gouvernement régional du Kurdistan est soumis à des pressions de plus en plus fortes l’incitant à répondre aux problèmes de sécurité causés par la lutte contre le groupe armé se faisant appeler État islamique.

Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation de la personne condamnée, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. Cette sanction viole le droit à la vie tel qu’il est proclamé par la Déclaration universelle des droits de l’homme et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.

La reprise des exécutions au Kurdistan irakien jette désormais le doute sur le futur d’une proposition de loi sur l’abolition de la peine de mort, que la commission Droits humains du Parlement du Kurdistan avait préparée et soumise aux députés en 2011.

Amnesty International exhorte le gouvernement régional du Kurdistan à s’abstenir de procéder aux exécutions prévues, à commuer sans attendre toutes les condamnations à la peine capitale et à instaurer un moratoire officiel sur l’ensemble des exécutions en vue de l’abolition de ce châtiment.

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