Communiqué de presse

La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Yémen ne répond pas aux attentes

Amnesty International se félicite que le Conseil de sécurité des Nations unies ait condamné les graves atteintes aux droits humains qui perdurent au Yémen, mais tout appel à l’établissement des responsabilités est voué à l’échec si les représentants des autorités se voient accorder l’immunité pour les violations commises, a déclaré Amnesty International samedi 22 octobre.

Cette résolution, adoptée par le Conseil vendredi 21 octobre, demande la signature et la mise en œuvre d’un accord de transfert du pouvoir, négocié par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui semble mettre le président Ali Abdullah Saleh et ses proches collaborateurs à l’abri de toute enquête ou procédure de justice.

Une telle mesure empêcherait que justice soit rendue pour des centaines d’homicides perpétrés ces derniers mois lors des manifestations au Yémen, ainsi que pour d’autres graves violations des droits humains commises auparavant, dont des exécutions extrajudiciaires et des actes de torture.

« Les efforts déployés par le Conseil de sécurité des Nations unies et le CCG afin de sortir de l’impasse et de mettre fin à la tourmente au Yémen sont louables, mais le fait que le président Saleh quitte ses fonctions ne doit pas lui valoir l’immunité », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« Accorder au président et à d’autres personnes une immunité de poursuites constitue une grave trahison vis-à-vis des nombreuses victimes de violations des droits fondamentaux commises par le régime yéménite, victimes qui continuent à demander réparation et à réclamer que tous les responsables présumés soient traduits en justice. »

Amnesty International a demandé à de nombreuses reprises au CCG de retirer la clause d’immunité de sa proposition d’accord pour le transfert du pouvoir.

Lorsqu’il fait référence à cet accord, le Conseil de sécurité de l’ONU ne doit sous aucune circonstance laisser penser que l’immunité est accordée à quiconque, quelles que soient la position ou l’affiliation des personnes concernées, a ajouté l’organisation.

Bien avant que les manifestations en faveur de la réforme n’éclatent cette année, le gouvernement yéménite s’est rendu coupable de graves violations des droits humains, dont des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des disparitions forcées.

Plus de 200 manifestants ont été tués lors d’opérations de répression menées contre le mouvement pro réforme depuis février dernier, et des manifestants continuaient à faire l’objet d’attaques à Sanaa la semaine dernière.

La résolution du Conseil de sécurité exhorte les autorités yéménites à respecter le droit international humanitaire et en matière de droits humains, et à permettre aux Yéménites de faire l’exercice de leurs droits humains et libertés fondamentales.

Cela impliquerait de mettre fin aux attaques menées par les forces de sécurité contre des civils, et de respecter le droit à la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique des Yéménites.

Dans un rapport publié en avril 2011, intitulé Moment décisif pour le Yémen, Amnesty International a appelé la communauté internationale à jouer un rôle plus actif afin que les Yéménites obtiennent des comptes pour les violations des droits humains commises.

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