La Roumanie exhortée à fournir un logement à des familles expulsées qui se retrouvent à la rue

23 décembre 2010

Amnesty International a exhorté les autorités roumaines à fournir d’urgence une aide au logement à plusieurs familles roms qui se retrouvent à la rue à la suite d’une opération d’expulsion forcée menée la semaine dernière.

Les autorités de la ville de Cluj, dans le nord-ouest de la Roumanie, ont procédé le 17 décembre à l’expulsion forcée d’une communauté rom.

Certaines des familles concernées ont été installées dans des unités d’habitation inadaptées et d’autres se sont retrouvées sans logement. Selon des organisations non gouvernementales locales et les témoignages de Roms vivant dans le secteur, d’autres communautés roms de Cluj risquent également de subir une expulsion forcée.

« Cette politique d’expulsions forcées, sans consultation, avertissement ni relogement appropriés, perpétue la ségrégation raciale et bafoue les obligations internationales de la Roumanie », a déclaré Andrea Huber, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Lorsque des familles roms sont chassées de chez elles contre leur volonté, elles perdent leur logement, leurs biens, leurs relations sociales ainsi que leur accès au travail et aux services de l’État. »

Le 15 décembre, près de 56 familles ont été averties deux jours à l’avance que toutes les cabanes et autres logements improvisés de leur quartier seraient démolis. Les personnes concernées n’ont pas été consultées et aucune solution de remplacement réaliste permettant d’éviter l’expulsion n’a été étudiée.

Le 17 décembre, vers 6 heures du matin, la police est arrivée sur les lieux et a dit aux habitants qu’ils devaient emporter leurs affaires et vider les lieux avant la fin de la journée. Quarante familles ont ensuite été relogées dans de nouvelles unités d’habitation situées en périphérie de la ville, près d’une décharge.

Plusieurs familles se sont retrouvées à la rue après leur expulsion car on ne leur a pas attribué de pièce dans les unités d’habitation ni proposé d’autre solution de relogement. Des adultes et des enfants dorment dehors, selon les informations disponibles, alors que la température peut tomber en dessous de - 10 °C durant la nuit.

L’un des Roms expulsés des logements de la rue Coastei a déclaré à Amnesty International : « Il y a des gens qui dorment dehors, dans le froid. On ne leur a pas donné de pièce et ils veulent surveiller leurs affaires pour qu’on ne les leur vole pas. Ils emmènent parfois leurs enfants dormir chez des voisins mais autrement ils restent dans le froid. »

Pendant ce temps il leur est difficile d’avoir accès à des possibilités de travail et aux services de l’État car l’arrêt de bus le plus proche se trouve à environ 4 kilomètres de là. Dans de telles conditions il est aussi difficile pour les enfants d’aller à l’école.

Amnesty International a demandé instamment aux autorités de la ville de Cluj de veiller à ce que les expulsions ne soient pratiquées qu’en dernier ressort et dans le plein respect des normes internationales relatives aux droits humains.

« Le calvaire des familles roms en Roumanie dure depuis six ans. Il est temps que les autorités locales leur fournissent un logement suffisant à proximité des services et équipements de base, et dans un environnement sûr et sain », a ajouté Andrea Huber.

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