La Turquie doit mettre fin à la répression discriminatoire qui cible les organisations de défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres

ÉFAI-10 février 2010

Amnesty International a demandé aux autorités turques de mettre un terme au harcèlement des organisations de défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, alors même qu’elles ont initié mardi 9 février 2010 une nouvelle tentative visant à dissoudre l’une de ces associations au moyen de décisions de justice.

L’affaire contre l’association Black Pink Triangle, qui œuvre depuis sa création en février 2009 dans la ville d’Izmir à lutter contre la discrimination visant les lesbiennes, gays, personnes bisexuelles et transgenres, a été ajournée au terme de la première audience, sur fond de craintes que les autorités turques ne se lancent dans une bataille judiciaire certes infondée, mais interminable.

L’association risque la dissolution, suite à une plainte du bureau du gouverneur d’Izmir pour qui les objectifs qu’elle poursuit sont contraires aux « valeurs morales et à la structure familiale turques ».

« La décision d’ajourner l’audience plutôt que de classer sans suite cette affaire dénuée de fondement et empreinte de discrimination témoigne de la poursuite du harcèlement judiciaire visant les associations de défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres », a déclaré Andrew Gardner, responsable des recherches sur la Turquie à Amnesty International.

Amnesty International s’inquiète de ce que cette affaire de dissolution emboîte le pas à d’autres affaires analogues qui ont ces dernières années pris pour cibles des associations de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

Des poursuites avaient été engagées contre KAOS-GL en 2005 et Pembe Hayat (Vie en rose) en 2006. En avril 2009, l’association de solidarité Lambda Istanbul a obtenu en appel l’annulation de sa dissolution – mais à l’issue d’une longue bataille judiciaire qui a duré quatre années.

Au cours du procès, auquel Amnesty International a assisté en tant qu’observateur, les avocats de Black Pink Triangle ont demandé à la cour de faire respecter le droit à la liberté d’association.

Le procureur a déclaré que si les autorités ne contrôlaient pas des associations comme Black Pink Triangle, « la vie sociale deviendrait anarchique ».

L’affaire a été renvoyée au 20 avril 2010, le juge ayant fait savoir que des lettres concernant cette affaire étaient parvenues de l’étranger et qu’il souhaitait obtenir leur traduction avant de poursuivre.

Devant le tribunal, l’association Black Pink Triangle a fait une déclaration critiquant la volonté des autorités de dissoudre une association de défense des droits des lesbiennes, gays, personnes bisexuelles et transgenres, lors même que ces personnes sont actuellement victimes de crimes de haine en Turquie.

« La seule façon pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres de résister à l’oppression, à l’isolement et à la marginalisation dans leur vie sociale en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre est d’être solidaires et de se rassembler », a indiqué le porte-parole de Black Pink Triangle.

« Une longue bataille juridique, qui entraverait le travail essentiel accompli par Black Pink Triangle dans la défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, exposerait une nouvelle fois l’incapacité de la Turquie à faire ¬prévaloir le droit à la liberté d’association et à la non-discrimination », a conclu Andrew Gardner.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse